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La femme, cette Source-ière

 

Elle ne s’est pas sentie abattue lorsqu’elle s’est effondrée. Car à chaque fois qu’elle se retrouvait brisée, elle savait qu’elle se rebâtissait brutalement, et qu’elle se démantelait pour renaître comme une étoile triomphante; hantant le ciel obscur.
― R.M. Drake

 

Depuis quelques temps, il n’y a plus qu’une seule journée dédiée à la femme, mais tout un mois. Mars, la fertilité, la renaissance… Il reste que le 8 mars, c’est une journée bien spéciale. J’ai donc choisi d’aborder un sujet qui lui fait honneur!

Le féminin sacré a toujours été un de mes sujets de cœur. Un livre qui m’a particulièrement touchée est celui de Rebecca Campbell, Rise Sister Rise: A Guide to Unleashing the Wise, Wild Woman Within (Élève-toi sœur, élève-toi, un guide pour libérer la femme intérieure sage et sauvage), disponible en anglais seulement.

Ces écrits n’ont pas pour but de pointer les hommes du doigt ni de s’élever au-dessus d’eux (on les aime, nos hommes!), mais de se remémorer une époque où chaque femme était considérée comme sacrée.

Dans Rise sister Rise, Rebecca raconte l’histoire…

AU TOUT DÉBUT… OU JUSTE APRÈS

Il y a de cela plusieurs milliers d’années, on parlait d’une Déesse et non d’un Dieu. En fait, la Déesse mère (aussi appelée Grande déesse, déesse primordiale ou mère universelle) a été vénérée beaucoup plus longtemps que le Dieu-homme. Le culte de l’Ancienne Déesse mère (souvent appelée Vieille Religion) remontre à plus de 35 000 ans, précédant ainsi le christianisme, le bouddhiste, l’hindouisme, l’islam et le judaïsme.

En Europe et dans l’Est, des dessins et pictogrammes retrouvés à l’intérieur de grottes préhistoriques qui datent de plus de 35 000 ans démontrent le caractère sacré et l’honneur jadis prodigué au culte de la femme et à son cycle. Et puisque la planète était perçue comme féminine, la Terre et tous ses habitants étaient également respectés et considérés comme sacrés. Ceux et celles qui communiquaient avec l’esprit de la nature étaient hautement admirés. On les appelait chamans et prêtresses. Les chasseurs se connectaient à l’Esprit de la Terre et à ceux des animaux pour survivre dans des conditions difficiles; c’était l’Ère de glace.

Avec la fonte des glaces, les tribus se sont dispersées sur la planète. On a découvert des sites sacrés sur lesquels des menhirs et des temples avaient été érigés en fonction des lignes telluriques. Au fil du temps, la trinité féminine a continué d’être vénérée; la femme, au cours de sa vie, traversait trois grandes étapes : la Vierge, la Mère et la Sage femme. Lors du mariage, c’était l’homme qui prenait le nom de famille de la femme.

L’ÂGE DU CONTRÔLE

Les Âges de Bronze et de Fer sont associés à l’arrivée des tribus nomades dévouées à l’art de la guerre. En Europe, en Afrique, au Moyen-Orient et en Inde, elles conquéraient les cultures du culte féminin, violaient les femmes, les rendant esclaves, forcées au mariage, éliminant ainsi les lignées matriarcales.

 

La femme a appris à faire l’amour par l’intermédiaire de l’homme, qui ne sait pas comment faire l’amour. D’où l’atroce situation dans laquelle se trouve l’amour. Depuis le début des temps, la femme a été manipulée et encouragée à sentir que l’expression la plus noble de son amour était de satisfaire l’homme sexuellement. La vérité est à l’opposé. L’expression la plus noble de l’amour est que l’homme la ravisse sexuellement.
― Barry Long, tiré de Faire l’amour de manière divine: De l’acte charnel à l’amour divin

 

Avec l’introduction du christianisme, des églises ont été construites en l’honneur de Marie, une façon pour plusieurs de continuer à vénérer la mère universelle. Pour de nombreuses femmes et grandes prêtresses, une manière sécuritaire de poursuivre le culte féminin était de faire vœu de célibat et de devenir religieuses.

Puis, l’Empire romain a commencé à utiliser le christianisme pour contrôler les masses. Ceux qui ne s’y conformaient pas rencontraient habituellement la mort. La puissance du féminin sacré a été éradiquée de la société pour faire place au masculin. La Vierge, la Mère et la Sage femme ont été remplacées par le Père, le Fils et le Saint Esprit. Les textes sacrés ont été détruits, une grande partie de ces œuvres ayant péri dans les flammes de la Grande librairie d’Alexandrie.

LE LANGAGE SACRÉ MANIPULÉ

Le language s’est transformé (lire Parce que je l’ai dit). Plusieurs mots ont disparu ou ont été modifiés, perdant ainsi leur véritable sens, leur nature profonde, leur vibration. Le 13, un nombre sacré, a revêtu la cape de la malchance. Le culte de la Déesse mère étant associé à la sorcellerie ― parce qu’il tire ses enseignements des cycles, des pouvoirs et de la sagesse de la nature, la Terre-Mère ―, la sorcière a pris la forme d’une créature dangereuse avec un nez crochu à verrue. Mais dans les faits, le terme sorcière, de l’anglais witch, vient du mot wicce lequel signifie « sage » (de l’anglais wise). La sorcellerie signifie donc « métier du sage ». Abracadabra!

Les origines d’Abracadabra, bien qu’incertaines, puisent leur source dans l’hébreu « je vais créer en parlant » ou dans l’araméen « je crée comme le mot ».

« Ésotérisme » est encore aujourd’hui un mot qui en fait grimacer plusieurs. Récemment, quelqu’un m’a dit : « Peut-être devrais-tu supprimer éveil du synopsis de ton livre, ça fait un peu ésotérique. » Euh… O.k.a.y. Petite nouvelle pour toi : il est aussi dans le titre!

« Ésotérisme » a tendance à faire peur, car c’est ce à quoi il a jadis été associé, au même titre que la sorcellerie. Dans les faits, ce terme est habité par une grande puissance. Provenant du grecque, dans l’Antiquité, ce mot désignait habituellement des enseignements réservés à un petit nombre d’initiés. Son étymologie en fait la doctrine des choses « intérieures ». Ce qui est ésotérique est le contraire de ce qui  est exotérique. Il est associé au pythagorisme et à l’ensemble des écoles philosophiques grecques; les ésotériques étaient des disciples initiés, alors que les éxotériques étaient des novices (des gens ordinaires). Et vers 310, le philosophe néoplatonicien Jamblique donne le nom d’« ésotériques » aux disciples les plus savants de Pythagore. (WIKIPEDIA)

Alors si on me traite d’ésotérique, je prends ça comme un G.R.A.N.D. compliment!

LA CHASSE AUX SORCIÈRES

L’Inquisition du 12ième siècle avait pour but d’imposer un contrôle. Plusieurs sectes, telle que celle des Cathares, ont été accusées d’hérésie. La sorcellerie a également été rapatriée au rang des actes hérétiques. En 1484, le Pape Innocent VIII a prononcé un taureau papal contre la sorcellerie, étalant la chasse et ses procès jusqu’au 17ième siècle.

Pendant cette période, Rebecca Campbell raconte que les accusés étaient attachés à des poteaux de quai et submergés dans des rivières. C’était leur test de sainteté. S’ils coulaient, ils étaient clamés innocents (ils étaient morts!). S’ils survivaient, ils étaient considérés sorciers ou sorcières. Alors, ils avaient le privilège d’être baptisés par le feu, brûlés sur le bûché. Les femmes ont été torturées et forcées à s’asseoir sur des tabourets d’acier brûlant parce que leur sexualité était perçue comme satanique.

La terreur contrôlait les villages de l’Europe et d’une partie des Amériques; les habitants étaient forcés de regarder les sorcières païennes brûler devant leurs yeux. Il était impossible de protéger quiconque ou de parler contre le terrorisme régnant par peur d’être accusé d’hérésie et de devoir faire face à un procès injuste dont la fin inévitable était celle d’une mort cruelle et souffrante.

Combien de personnes sont mortes pendant la chasse aux sorcières? Il n’existe aucune donnée officielle, mais les chiffres varient entre des dizaines de milliers et plusieurs millions dont 80 % seraient des femmes. Amies, filles, mères… des femmes qui sont devenues rivales parce qu’elles étaient torturées jusqu’à ce qu’elles dénoncent leurs sorcières complices, causant une méfiance si profondément ancrée chez la gente féminine qu’elle est assurément ressentie encore de nos jours.

Diviser pour mieux régner.

LA FEMME MODERNE

 

Pour moi, l’essence d’une sorcière c’est quelqu’un qui fait confiance à son autorité interne, et qui utilise sa propre magie personnelle pour naviguer et négocier l’environnement dans lequel elle se trouve dans le moment présent.
― Lisa Lister

 

Nous avons toutes une sorcière à l’intérieur de nous. Mais bien souvent, nous l’avons étouffée, la retenant le plus possible pour cadrer dans le moule sociétal, pour éviter de passer pour une marginale ou pire, une ésotérique!

Afin de rééquilibrer les polarités d’une société basée sur la peur ― notre peur ―, un seul ingrédient suffit…

 

Mais la femme, Dieu merci, est amour. L’amour est sa vraie nature, juste au-dessus de toutes ses émotions, de ses idées et de ses blocages. (…) La femme, à tous les niveaux, représente la mère ― le véritable archétype féminin, la Mère Terre, dont chacun de nous se délecte et trouve son plaisir (même si c’est par l’intermédiaire du whisky, distillé à partir du grain et de l’eau de la terre).
― Barry Long, de Faire l’amour de manière divine: De l’acte charnel à l’amour divin

 

Nous avons toutes gagné l’Oscar de la meilleure actrice. Le temps des rôles est terminé! Honorons dès maintenant cette partie de nous qui a été anéantie. Grâce à elle, nous pouvons redevenir entière, unie, puissante.

Que vous aimiez couvrir votre maison de cristaux, manier les tarots, danser nue sous la pleine lune ou fabriquer des amulettes, faites-le! Faites-le pour vous et pour toutes celles qui n’en ont pas eu le loisir. Savourons notre liberté. Vivons-en chaque instant. Le rythme de la Terre-Mère, le cycle de la vie, vibre à travers nous, vénérons-le.

Mais avant toute chose, l’important, c’est de s’aimer. S’aimer pour qui on est : unique, belle, femme…

 

L’amitié entre femmes est juste un saut vers notre sororité, et la sororité peut devenir une force très puissante.
― Jane Fonda

 

Encore aujourd’hui, le culte de la déesse se pratique aux quatre coins du monde. Shakti, Minerve la Cécropienne, Vénus de Paphos, Proserpine la Strygienne, Cérès, Junon, Bellone, Hécate, Ramonte, Isis. Selon les régions, Elle porte plusieurs noms. Car même si on a tenté de la supprimer, Elle a toujours été.

Présentement, d’un bout à l’autre de la planète, des sororités se créent. Les femmes sentent le besoin de se retrouver entre elles, d’échanger, de partager, de se sentir unies. La sagesse ancienne est prête à s’élever. Une nouvelle ère est en train de voir le jour. Car « nous sommes à l’époque d’un grand éveil. Les voeux de silence ont été levés. Nous nous souvenons désormais du caractère sacré de ce que signifie être une femme. Nous donnons naissance à un nouvel âge. » (REBECCA CAMPBELL)

 

Les femmes sont les leaders de l’Ère du Verseau, non pas parce qu’elles ont finalement « gagné » la guerre proverbiale des sexes, mais parce qu’elles ont finalement reconnu leur propre nature et décidé de la servir ― et de la transmettre ― pour le bien de tous.
― Yogi Bhajan

 

Guérisseuses, sages-femmes, prophètes, mystiques, artistes, médiums, visionnaires, gardiennes de la Terre, conteuses, femmes de courage, femmes qui s’affirment, la mère universelle fait partie de nous. Et « universelle », c’est être « Uni vers Elle ».

Une journée de la femme, un mois de la femme… La femme est ici, maintenant, chaque jour, chaque nuit, chaque heure, chaque seconde, éternelle, omniprésente. Elle est intemporelle. La femme, cette Source Première…

 

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