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Vinceli

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JE SUIS DONC JE NE SUIS PAS

 

J’ai été complètement absente ce dernier trimestre : aucun article de blogue, aucune publication sur les réseaux sociaux. Rien. J’avais besoin de me retirer dans ma grotte. L’ours est l’un de mes animaux totems… mais mon hibernation, elle, se fait l’été! À chacun son cycle des saisons!

Comme vous l’avez sans doute remarqué, les énergies de l’été ont été très denses. Elles faisaient ressortir tout ce qui avait besoin d’être adressé pour nous permettre de le conscientiser et ainsi, le transmuter. Ouf, plusieurs d’entre nous avons été occupés!

Depuis quelques temps, comme si on évoluait dans une faille spatio-temporelle, on dirait que tout se passe à la vitesse accélérée : les événements nous demandent de procéder à des changements ― des transformations intérieures ― rapidement. Aussitôt un truc réglé, un autre survient. La seule façon de rester centré au cœur de la tornade, c’est justement d’être bien centré avec soi-même. Prendre le temps de se retrouver avec soi, le silence, l’accueil, le lâcher prise, le détachement et l’acceptation sont d’or. Sinon, en résistant, en se débattant, on crée plus de ce qu’on ne veut pas, on s’épuise, et on intensifie la tornade.

La vie, c’est ça. Pas seulement le temps d’un été. Mais ça peut aussi être joyeux! Il n’y a pas de doux sans aigre…

 

La décision la plus importante que nous puissions prendre consiste à choisir si nous vivons dans un univers amical ou hostile.
― Albert Einstein

 

En mai, j’ai eu une vision… une vision qui s’était pour la première fois présentée il y a près de deux ans. Je voyais deux routes : une rouge et une bleue. Le moment décisionnel était arrivé : je choisissais la bleue. Je me choisissais moi. Mais la route bleue me demandait de revoir plusieurs facteurs de ma vie actuelle. En fait, elle me demandait quasiment de tous les revoir! (Ça ne vous fait pas un peu penser à Totum…?!). Les choix que j’avais auparavant faits m’avaient menée jusqu’à cette croisée. Ils m’avaient été utiles. Mais déjà, j’étais rendue ailleurs. Donc, nécessairement, de nouveaux changements demandaient à éclore pour me permettre de rester alignée sur ma trajectoire.

J’ai donc repassé les éléments de mon monde extérieur et les ai analysés un par un… à partir de mon centre. Car notre monde extérieur est le reflet de notre monde intérieur. Nous possédons toutes les réponses à l’intérieur de nous. Les leçons m’ont amenées à comprendre, et surtout à intégrer, que les choix faits en fonction du mental uniquement représentent des détours, parfois longs et cahoteux, sur le chemin vers Être. Ils forment des couches sur notre centre, comme les pelures d’un oignon autour de son cœur. Pour retrouver le cœur, il faut donc éplucher. Et parfois, éplucher encore.

 

Le mental intuitif est un don sacré et le mental rationnel est un serviteur fidèle. Nous avons créé une société qui honore le serviteur et qui a oublié le don.
― Albert Einstein

 

Mon intuition m’a amenée à vivre cette période d’introspection intense accompagnée de rêves et d’aventures tout aussi intenses, sur une terre merveilleuse… une terre située sur une veine de cristal : un lieu de guérison féérique où les cristaux, les animaux et les humains vivent en harmonie (ah ah, c’est vraiment beau dans ma tête! Mais c’est vrai!). Ma grotte, c’est en fait mon tipi. Je dis « mon », car c’est ainsi qu’il a été surnommé. Son vrai nom est le Tipi des 3 déesses en l’honneur des trois gros cristaux qui l’habitent. L’énergie qui s’y trouve est juste magique.

La terre de cristal, avec ses centres énergétiques, ses tipis, sa faune et sa flore est un périple en soit. Elle est étroitement liée à Totum. (Je vous reparlerai plus longuement de mes aventures et de mes rencontres sur cette terre.)

L’été a donc été une période propice à l’écriture. J’ai fait du ménage et délaissé plusieurs tâches pour faire place à la rédaction; des choix en apparence illogiques que je n’aurais probablement pas faits si j’avais écouté mon mental, mon égo. Mais je ne pouvais tout simplement pas faire autrement. Car plus on enlève des pelures à son oignon, plus on se rapproche de son essence véritable. On ferme les portes qui ne nous servent plus pour permettre l’accès à de nouvelles. Dans mon cas, cet été, quand je fermais une voie, une autre s’ouvrait presqu’aussitôt, la journée même parfois; des trucs qui stagnaient depuis belle lurette se remettaient en mouvement.

Quand on est, les influences extérieures, les événements, l’opinion des autres, l’insécurité, les peurs rattachées à de fausses croyances, nos programmations, nos blocages et nos blessures, n’ont plus d’emprise sur nous (c’est en fait toute la gang qui a été transmutée en cours de route!). Par conséquent, plus on se rapproche du noyau, plus on fait du ménage ― de la guérison: gai-rire ―, moins les influences externes ont de poigne. Nous ne sommes plus les moutons qui suivons aveuglément le berger : nous devenons le berger.

Quand on est, on cesse de suivre; on trace la voie. On n’a plus à poursuivre nos rêves. Ils sont là, ils sont SOI.

Des recherches sur le leadership ont démontré comment les grands leaders de ce monde créent leur vie comparativement aux autres.

 

En général, la séquence utilisée est la suivante :

FAIRE – AVOIR – ÊTRE

Celle des grands leaders :

ÊTRE – FAIRE – AVOIR

 

Dans la première séquence, on fait, on fait et on refait pour avoir. Quand on atteint l’objectif matériel fixé, on est (enfin, selon notre perception). Nos avoirs nous définissent. L’extérieur vers l’intérieur…

Dans la deuxième, d’abord et avant tout, on est. Quand nous savons qui nous sommes, nous effectuons les actions nécessaires à l’atteinte de notre but, lesquelles, conséquemment, créent les avoirs. L’intérieur vers l’extérieur…

 

L’Homme est la seule espèce vivante qui se valorise à amasser un lot excessif de matériel superflus. Par-Être, le tout-puissant, règne ; il veille à maintenir un état de surconsommation (…).

Au monastère, j’ai aussi vécu avec tout mon nécessaire entassé dans une valise… Louis Vuitton. À une époque de ma vie, je croyais que posséder des objets de marque, une voiture de luxe, des trucs qui ont soi-disant de la valeur, me donnerait de la valeur et donc, du bonheur. Je sais maintenant que je comblais un vide avec des choses sans réelle valeur. Je me créais un personnage pour forger mon chemin dans la vie, ou plutôt, dans Par-Être. Aujourd’hui, je remercie Par-Être. L’état chaotique de cette route truffée de bosses, de dos d’âne, de nids-de-poule et de fosses, m’a amenée à choisir la manifestation complémentaire de sa force : Être.

― Maiah, extrait de Totum tome II

 

Notre quotidien est façonné de manière à nous garder constamment occupés. Pas de temps pour réfléchir, pour remettre les choses en question, ralentir, repenser nos façons de faire, ou plutôt, d’être. Mais si nous ne prenons pas un temps d’arrêt, personne ne le fera pour nous (lire Et si on avait des ailes).

Alors, comme je le mentionnais, cet été (et aussi, bien avant ça!) j’ai fait des choix en apparence illogiques. Mais je ne pouvais tout simplement pas faire autrement. Totum m’aspirait, m’enveloppait dans une bulle, me soufflant ses mots, ses phrases, me présentant ses personnages. Totum les tomes II et III avancent donc à la vitesse « grand V ». Ce qui m’amène à faire beaucoup de prises de conscience et à vivre des choses assez extraordinaires, aussi à une vitesse « grand V ». Car Totum n’est pas qu’une histoire toute simple. Mais ça, c’est un autre sujet.

Quand on s’ouvre à soi, à être, on s’ouvre aux synchronicités, à la magie de la vie. On se déconstruit, on se déshabille, retirant ainsi nos couches devenues inutiles et encombrantes. Le vide créé permet à notre lumière intérieure de jaillir et d’éclairer nos pas qui, dorénavant, obéissent consciemment à une force plus grande que nous; on cesse d’écouter notre mental rationnel, on restitue le trône à notre intuition, notre don sacré.

Aujourd’hui, c’est la nouvelle lune: le 9 du 9. Le Grand portail énergétique de l’équinoxe d’automne commence à ouvrir ses portes. L’équinoxe d’automne est une période favorisant la réflexion, un retour sur l’expérience, sur l’année écoulée, sur l’ensemble de notre vie. On se prépare à la pénombre de l’hiver. C’est aussi le moment de transcender ce qui nous entrave, ce qui nous retient à un passé qui n’est plus que passé. C’est l’occasion d’enlever nos vieilles pelures.

C’est pourquoi, avant de ranger les tipis pour l’hiver, nous vous invitons à célébrer ce grand moment.

Faites-vous le plus beau cadeau en SOI : un moment pour vous lors d’une méditation sur la terre de cristal. En soirée, participez au rituel du feu d’équinoxe d’automne. Si le cœur vous en dit, offrez-vous un soin en tipi. Lors du solstice, le 21 juin dernier, nous avons inauguré les tipis. Le 22 septembre prochain, c’est un moment unique de célébrer l’équinoxe : de vous célébrer, vous. 

Pour tous les détails de ce week-end grandiose, cliquez ici.

Namaste! xx

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La femme, cette Source-ière

 

Elle ne s’est pas sentie abattue lorsqu’elle s’est effondrée. Car à chaque fois qu’elle se retrouvait brisée, elle savait qu’elle se rebâtissait brutalement, et qu’elle se démantelait pour renaître comme une étoile triomphante; hantant le ciel obscur.
― R.M. Drake

 

Depuis quelques temps, il n’y a plus qu’une seule journée dédiée à la femme, mais tout un mois. Mars, la fertilité, la renaissance… Il reste que le 8 mars, c’est une journée bien spéciale. J’ai donc choisi d’aborder un sujet qui lui fait honneur!

Le féminin sacré a toujours été un de mes sujets de cœur. Un livre qui m’a particulièrement touchée est celui de Rebecca Campbell, Rise Sister Rise: A Guide to Unleashing the Wise, Wild Woman Within (Élève-toi sœur, élève-toi, un guide pour libérer la femme intérieure sage et sauvage), disponible en anglais seulement.

Ces écrits n’ont pas pour but de pointer les hommes du doigt ni de s’élever au-dessus d’eux (on les aime, nos hommes!), mais de se remémorer une époque où chaque femme était considérée comme sacrée.

Dans Rise sister Rise, Rebecca raconte l’histoire…

AU TOUT DÉBUT… OU JUSTE APRÈS

Il y a de cela plusieurs milliers d’années, on parlait d’une Déesse et non d’un Dieu. En fait, la Déesse mère (aussi appelée Grande déesse, déesse primordiale ou mère universelle) a été vénérée beaucoup plus longtemps que le Dieu-homme. Le culte de l’Ancienne Déesse mère (souvent appelée Vieille Religion) remontre à plus de 35 000 ans, précédant ainsi le christianisme, le bouddhiste, l’hindouisme, l’islam et le judaïsme.

En Europe et dans l’Est, des dessins et pictogrammes retrouvés à l’intérieur de grottes préhistoriques qui datent de plus de 35 000 ans démontrent le caractère sacré et l’honneur jadis prodigué au culte de la femme et à son cycle. Et puisque la planète était perçue comme féminine, la Terre et tous ses habitants étaient également respectés et considérés comme sacrés. Ceux et celles qui communiquaient avec l’esprit de la nature étaient hautement admirés. On les appelait chamans et prêtresses. Les chasseurs se connectaient à l’Esprit de la Terre et à ceux des animaux pour survivre dans des conditions difficiles; c’était l’Ère de glace.

Avec la fonte des glaces, les tribus se sont dispersées sur la planète. On a découvert des sites sacrés sur lesquels des menhirs et des temples avaient été érigés en fonction des lignes telluriques. Au fil du temps, la trinité féminine a continué d’être vénérée; la femme, au cours de sa vie, traversait trois grandes étapes : la Vierge, la Mère et la Sage femme. Lors du mariage, c’était l’homme qui prenait le nom de famille de la femme.

L’ÂGE DU CONTRÔLE

Les Âges de Bronze et de Fer sont associés à l’arrivée des tribus nomades dévouées à l’art de la guerre. En Europe, en Afrique, au Moyen-Orient et en Inde, elles conquéraient les cultures du culte féminin, violaient les femmes, les rendant esclaves, forcées au mariage, éliminant ainsi les lignées matriarcales.

 

La femme a appris à faire l’amour par l’intermédiaire de l’homme, qui ne sait pas comment faire l’amour. D’où l’atroce situation dans laquelle se trouve l’amour. Depuis le début des temps, la femme a été manipulée et encouragée à sentir que l’expression la plus noble de son amour était de satisfaire l’homme sexuellement. La vérité est à l’opposé. L’expression la plus noble de l’amour est que l’homme la ravisse sexuellement.
― Barry Long, tiré de Faire l’amour de manière divine: De l’acte charnel à l’amour divin

 

Avec l’introduction du christianisme, des églises ont été construites en l’honneur de Marie, une façon pour plusieurs de continuer à vénérer la mère universelle. Pour de nombreuses femmes et grandes prêtresses, une manière sécuritaire de poursuivre le culte féminin était de faire vœu de célibat et de devenir religieuses.

Puis, l’Empire romain a commencé à utiliser le christianisme pour contrôler les masses. Ceux qui ne s’y conformaient pas rencontraient habituellement la mort. La puissance du féminin sacré a été éradiquée de la société pour faire place au masculin. La Vierge, la Mère et la Sage femme ont été remplacées par le Père, le Fils et le Saint Esprit. Les textes sacrés ont été détruits, une grande partie de ces œuvres ayant péri dans les flammes de la Grande librairie d’Alexandrie.

LE LANGAGE SACRÉ MANIPULÉ

Le language s’est transformé (lire Parce que je l’ai dit). Plusieurs mots ont disparu ou ont été modifiés, perdant ainsi leur véritable sens, leur nature profonde, leur vibration. Le 13, un nombre sacré, a revêtu la cape de la malchance. Le culte de la Déesse mère étant associé à la sorcellerie ― parce qu’il tire ses enseignements des cycles, des pouvoirs et de la sagesse de la nature, la Terre-Mère ―, la sorcière a pris la forme d’une créature dangereuse avec un nez crochu à verrue. Mais dans les faits, le terme sorcière, de l’anglais witch, vient du mot wicce lequel signifie « sage » (de l’anglais wise). La sorcellerie signifie donc « métier du sage ». Abracadabra!

Les origines d’Abracadabra, bien qu’incertaines, puisent leur source dans l’hébreu « je vais créer en parlant » ou dans l’araméen « je crée comme le mot ».

« Ésotérisme » est encore aujourd’hui un mot qui en fait grimacer plusieurs. Récemment, quelqu’un m’a dit : « Peut-être devrais-tu supprimer éveil du synopsis de ton livre, ça fait un peu ésotérique. » Euh… O.k.a.y. Petite nouvelle pour toi : il est aussi dans le titre!

« Ésotérisme » a tendance à faire peur, car c’est ce à quoi il a jadis été associé, au même titre que la sorcellerie. Dans les faits, ce terme est habité par une grande puissance. Provenant du grecque, dans l’Antiquité, ce mot désignait habituellement des enseignements réservés à un petit nombre d’initiés. Son étymologie en fait la doctrine des choses « intérieures ». Ce qui est ésotérique est le contraire de ce qui  est exotérique. Il est associé au pythagorisme et à l’ensemble des écoles philosophiques grecques; les ésotériques étaient des disciples initiés, alors que les éxotériques étaient des novices (des gens ordinaires). Et vers 310, le philosophe néoplatonicien Jamblique donne le nom d’« ésotériques » aux disciples les plus savants de Pythagore. (WIKIPEDIA)

Alors si on me traite d’ésotérique, je prends ça comme un G.R.A.N.D. compliment!

LA CHASSE AUX SORCIÈRES

L’Inquisition du 12ième siècle avait pour but d’imposer un contrôle. Plusieurs sectes, telle que celle des Cathares, ont été accusées d’hérésie. La sorcellerie a également été rapatriée au rang des actes hérétiques. En 1484, le Pape Innocent VIII a prononcé un taureau papal contre la sorcellerie, étalant la chasse et ses procès jusqu’au 17ième siècle.

Pendant cette période, Rebecca Campbell raconte que les accusés étaient attachés à des poteaux de quai et submergés dans des rivières. C’était leur test de sainteté. S’ils coulaient, ils étaient clamés innocents (ils étaient morts!). S’ils survivaient, ils étaient considérés sorciers ou sorcières. Alors, ils avaient le privilège d’être baptisés par le feu, brûlés sur le bûché. Les femmes ont été torturées et forcées à s’asseoir sur des tabourets d’acier brûlant parce que leur sexualité était perçue comme satanique.

La terreur contrôlait les villages de l’Europe et d’une partie des Amériques; les habitants étaient forcés de regarder les sorcières païennes brûler devant leurs yeux. Il était impossible de protéger quiconque ou de parler contre le terrorisme régnant par peur d’être accusé d’hérésie et de devoir faire face à un procès injuste dont la fin inévitable était celle d’une mort cruelle et souffrante.

Combien de personnes sont mortes pendant la chasse aux sorcières? Il n’existe aucune donnée officielle, mais les chiffres varient entre des dizaines de milliers et plusieurs millions dont 80 % seraient des femmes. Amies, filles, mères… des femmes qui sont devenues rivales parce qu’elles étaient torturées jusqu’à ce qu’elles dénoncent leurs sorcières complices, causant une méfiance si profondément ancrée chez la gente féminine qu’elle est assurément ressentie encore de nos jours.

Diviser pour mieux régner.

LA FEMME MODERNE

 

Pour moi, l’essence d’une sorcière c’est quelqu’un qui fait confiance à son autorité interne, et qui utilise sa propre magie personnelle pour naviguer et négocier l’environnement dans lequel elle se trouve dans le moment présent.
― Lisa Lister

 

Nous avons toutes une sorcière à l’intérieur de nous. Mais bien souvent, nous l’avons étouffée, la retenant le plus possible pour cadrer dans le moule sociétal, pour éviter de passer pour une marginale ou pire, une ésotérique!

Afin de rééquilibrer les polarités d’une société basée sur la peur ― notre peur ―, un seul ingrédient suffit…

 

Mais la femme, Dieu merci, est amour. L’amour est sa vraie nature, juste au-dessus de toutes ses émotions, de ses idées et de ses blocages. (…) La femme, à tous les niveaux, représente la mère ― le véritable archétype féminin, la Mère Terre, dont chacun de nous se délecte et trouve son plaisir (même si c’est par l’intermédiaire du whisky, distillé à partir du grain et de l’eau de la terre).
― Barry Long, de Faire l’amour de manière divine: De l’acte charnel à l’amour divin

 

Nous avons toutes gagné l’Oscar de la meilleure actrice. Le temps des rôles est terminé! Honorons dès maintenant cette partie de nous qui a été anéantie. Grâce à elle, nous pouvons redevenir entière, unie, puissante.

Que vous aimiez couvrir votre maison de cristaux, manier les tarots, danser nue sous la pleine lune ou fabriquer des amulettes, faites-le! Faites-le pour vous et pour toutes celles qui n’en ont pas eu le loisir. Savourons notre liberté. Vivons-en chaque instant. Le rythme de la Terre-Mère, le cycle de la vie, vibre à travers nous, vénérons-le.

Mais avant toute chose, l’important, c’est de s’aimer. S’aimer pour qui on est : unique, belle, femme…

 

L’amitié entre femmes est juste un saut vers notre sororité, et la sororité peut devenir une force très puissante.
― Jane Fonda

 

Encore aujourd’hui, le culte de la déesse se pratique aux quatre coins du monde. Shakti, Minerve la Cécropienne, Vénus de Paphos, Proserpine la Strygienne, Cérès, Junon, Bellone, Hécate, Ramonte, Isis. Selon les régions, Elle porte plusieurs noms. Car même si on a tenté de la supprimer, Elle a toujours été.

Présentement, d’un bout à l’autre de la planète, des sororités se créent. Les femmes sentent le besoin de se retrouver entre elles, d’échanger, de partager, de se sentir unies. La sagesse ancienne est prête à s’élever. Une nouvelle ère est en train de voir le jour. Car « nous sommes à l’époque d’un grand éveil. Les voeux de silence ont été levés. Nous nous souvenons désormais du caractère sacré de ce que signifie être une femme. Nous donnons naissance à un nouvel âge. » (REBECCA CAMPBELL)

 

Les femmes sont les leaders de l’Ère du Verseau, non pas parce qu’elles ont finalement « gagné » la guerre proverbiale des sexes, mais parce qu’elles ont finalement reconnu leur propre nature et décidé de la servir ― et de la transmettre ― pour le bien de tous.
― Yogi Bhajan

 

Guérisseuses, sages-femmes, prophètes, mystiques, artistes, médiums, visionnaires, gardiennes de la Terre, conteuses, femmes de courage, femmes qui s’affirment, la mère universelle fait partie de nous. Et « universelle », c’est être « Uni vers Elle ».

Une journée de la femme, un mois de la femme… La femme est ici, maintenant, chaque jour, chaque nuit, chaque heure, chaque seconde, éternelle, omniprésente. Elle est intemporelle. La femme, cette Source Première…

 

Livres dont il est question dans cet article

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L’éveil d’une puissance ancestrale, sans filtres ni retouches

 

L’égo s’incline devant la solidité du lien collectif, laissant ainsi émerger une puissance supérieure unie pour le bien-être de tous ses partis. C’est l’éveil d’une conscientisation, l’intégration d’une conception nouvelle, celle d’une forme-pensée qui dort en chacun de nous : les trois mousquetaires. Un pour tous et tous pour un.

 

« Moi qui vient d’Afrique et qui suis psychologue, je fais tout mon possible, mais j’ai du mal… J’ai du mal à comprendre les gens ici, en Amérique du Nord, qui veulent se suicider. Moi, d’où je viens, les gens n’ont rien. Ils luttent tous les jours pour survivre, ne sachant pas s’il y aura un lendemain. Malgré ça, ils cultivent la vie. Ils ne pensent pas à se l’enlever. »

Lors de notre dernière rencontre sur la roue de médecine autochtone, Nadeije, notre enseignante, nous répétait les paroles de cet homme qu’elle côtoie.

Une planète, deux continents, deux réalités… Ils ont peu, mais ils ont quelque chose de très puissant, quelque chose que nous avons négligé en nous isolant entre quatre murs : la tribu.

Dix personnes se suicident chaque jour au Canada. Chez les adolescents et les jeunes adultes, le suicide demeure la deuxième cause principale de décès. (RADIO-CANADA)

Peut-on faire un lien avec l’explosion des technologies?

Pour la majorité d’entre nous, le cellulaire est devenu notre plus fidèle compagnon de vie. La nuit, il repose à nos côtés. Au réveil, on s’empresse de vérifier nos messages. Il ne nous quitte pas. Et le quitter il est hors de question. Comme un fumeur et son paquet de cigarettes.

Consoles portables, tablettes, ordinateurs… Ils sont utiles pour le boulot, les emails, le shopping en ligne, les photos, le GPS, les jeux, les films, les vidéos, le chat et bien sûr, les médias sociaux… sans mentionner les applications!

Selon les statistiques, en mars 2017, les utilisateurs d’Android étaient en mesure de choisir parmi 2,8 millions d’applications. Les utilisateurs d’Apple, pour leur part, avaient accès à 2,2 applications. (STATISTA)

Je ne peux faire autrement que de me demander : menons-nous une vie virtuelle?

Comme le soleil qui disparaît derrière la lune, nous cachons-nous derrière nos écrans; l’éclipse d’une vie illusoire, isolée, absente d’existence (comme l’exprime la définition même du terme virtuel)? Avons-nous remplacé notre lumière naturelle par une source artificielle, inévitablement vouée à s’éteindre, à nous éteindre?

APPARTENIR, UN BESOIN FONDAMENTAL

Le concept SCARF développé par l’Institut de Neuroleadership fait état des cinq besoins fondamentaux de l’humain avec, en quatrième position, le besoin d’appartenance. La fameuse pyramide de Maslow quant à elle positionne le besoin d’appartenance au centre des besoins fondamentaux, et pour cause… Selon un rapport de recherche d’Harvard, les liens sociaux forts pourraient promouvoir la santé du cerveau…

Quand on entre en relation avec une autre personne, le cerveau sécrète une plus grande quantité d’ocytocine, neurotransmetteur et hormone souvent surnommée « l’hormone de l’amour ». Plus l’ocytocine est produite, plus développé est le comportement affectif. (NEUROLEADERSHIP JOURNAL)

C’est la même chose avec Facebook. Voir un joli visage en photo libère de la dopamine, un neurotransmetteur qui commande le système de gratification du cerveau, provoquant ainsi une sensation de bien-être ― tout comme le fait de déguster de la bonne nourriture, de gagner de l’argent, d’avoir des relations sexuelles ou encore, de consommer de la cocaïne!

Lorsqu’on se sent soutenu, valorisé, aimé, notre cerveau libère beaucoup de dopamine et d’ocytocine. Dans une nouvelle étude publiée par Nature Neuroscience, on relate même que le nombre d’amis Facebook corrèle avec la taille de l’amygdale, également appelé « cerveau émotionnel ». Et nous ne sommes pas les seuls! Chez les primates, il existe une relation entre le volume du néocortex, celui du néocortex frontal en particulier, et la taille du groupe social.

Facebook trompe notre cerveau en nous faisant croire que nos proches nous entourent, ce qui était historiquement essentiel à notre survie. Le cerveau humain, parce qu’il a évolué des milliers d’années avant la photographie, échoue à plusieurs niveaux pour reconnaître la différence entre les images et les gens.
― Eva Ritvo, M.D., Psychology Today

TOUT CE QUI MONTE FINIT PAR DESCENDRE

C’est la loi de Murphy. Tout comme le pendule qui bascule vers une extrémité est automatiquement ramené à l’autre extrémité. Les réseaux sociaux ont plusieurs avantages… quand on évite de tomber dans l’excès.

Pour plusieurs, ne pas avoir de compte Facebook signifie ne pas exister. Il sert à définir son lien social. La popularité passe par son nombre d’amis. Et lorsque les usagers ne reçoivent pas de commentaires, ou que ces derniers sont négatifs, leurs émotions peuvent être négativement affectées.

Des études ont en effet analysé les médias sociaux et leurs effets sur le bien-être et la santé des jeunes. L’une d’entre elles a démontré que les étudiants universitaires au premier cycle qui utilisaient fréquemment Facebook étaient plus enclins à être en accord avec la déclaration « la vie est injuste ». Il a également été observé que le temps passé en ligne corrélait significativement avec le niveau d’anxiété. La recherche a établi des liens entre l’utilisation de Facebook, un état de bien-être et d’estime de soi moindre, un sentiment accru de dépression, du stress ainsi qu’une surcharge cognitive et une insatisfaction corporelle chez les utilisateurs qui, à la base, étaient en bonne santé. (CYBERPSYCHOLOGY)

Ils ont 2 000 amis Facebook, mais quand vient l’temps de déménager, y’en ont pu un cr***!
― Jacques (Michel Côté) dans De père en flic 2

Et ces faits ne s’appliquent pas qu’aux jeunes. Trois adultes sur quatre sont en accord avec la déclaration « les Américains souffrent de la faim du toucher (de l’anglais touch hunger, aussi souvent appelé skin hunger (la faim de la peau)) ».

Même si les amis Facebook sont nombreux, le sentiment de solitude n’a jamais été aussi fort chez plusieurs individus. Chez les adultes américains, il a augmenté de 16 % au cours de la dernière décennie. Les gens souffrant de la faim du toucher sont moins heureux, plus seuls, plus enclins à expérimenter le stress, l’anxiété et la dépression et sont généralement en moins bonne santé. (PSYCHOLOGY TODAY)

Plus on passe de temps sur Internet, moins nombreux sont les contacts physiques (lire aussi L’art oublié de terminer). Toucher et être touché est un besoin viscéral qui ne peut être comblé par les réseaux sociaux. Car même si Facebook est une communauté, elle demeure virtuelle. La tribu, elle, est réelle.

L’évolution harmonieuse de la personne s’inscrit dans une démarche communautaire. La véritable communauté répond à tous les besoins de l’humain. Elle lui donne affection, compréhension, éducation, travail, nourriture, abri et vie spirituelle. Au besoin, elle l’encourage par une tape sur l’épaule ou un coup de pied au derrière! Mais surtout, elle lui enseigne l’amour et le partage.
― Aigle Bleu, tiré de L’héritage spirituel des Amérindiens

N’avons-nous pas aujourd’hui, plus que jamais dans l’histoire de l’humanité, besoin de retrouver nos véritables sources?

TROUVER SA TRIBU : PASSER DU JE AU NOUS

Trouver sa tribu, c’est comme retrouver sa famille d’âme. Elle est synonyme de connexion profonde, d’authenticité, de communauté, d’identité. On redécouvre notre lumière naturelle : le soleil nous libère de l’isolement. La quantité des relations Facebook ne fait pas le poids contre la qualité des liens et des échanges qui existent entre les membres de la tribu. Elle est là dans les bons moments, comme dans les moins bons. Nous en faisons partie, tout comme elle fait partie de nous. Nous l’habitons, tout comme elle nous habite.

Trouver sa tribu, c’est se réconcilier avec le pouvoir d’une force tranquille : celui du groupe au service d’une cause plus grande que soi. L’égo s’incline devant la solidité du lien collectif, laissant ainsi émerger une puissance supérieure unie pour le bien-être de tous ses partis. C’est l’éveil d’une conscientisation, l’intégration d’une conception nouvelle, celle d’une forme-pensée qui dort en chacun de nous : les trois mousquetaires. Un pour tous et tous pour un.

Chaque goutte d’eau, vaine à elle seule, s’unit aux autres pour former la plus puissante des sources : la vie elle-même. La division n’a simplement plus sa place.
― Tiré de Totum : l’éveil du pouvoir

LA TRIBU CHEZ LES FEMMES…

Alors que dans la majorité des pays développés les femmes s’isolent à la maison, elles vivent en communauté, en sororité, dans plusieurs autres cultures. Les traditions comme la loge lunaire ont ainsi permis aux femmes de se rassembler et de se retrouver pendant leurs règles.

Une étude d’Harvard a d’ailleurs démontré que les femmes qui entretiennent d’étroites amitiés entre elles demeurent en meilleure santé et plus heureuses en vieillissant. En 2006, une étude sur le cancer du sein  a établi que les femmes qui ont des amies proches ont quatre fois plus de chance de survivre à la maladie. (UPLIFT)

L’amitié entre femmes est juste un saut vers notre sororité, et la sororité peut devenir une force très puissante.
― Jane Fonda

 

La tribu nous voit et nous accepte tels que nous sommes, sans flaflas ni artifices. Elle préfère notre saveur originale, l’Être, à tous nos parfums artificiels. Elle sait des choses que nous-même ignorons à notre sujet. En quelque sorte, elle est notre gardien, différenciant sagement le faux du vrai.

Comment pouvons-nous créer l’esprit communautaire en nous et autour de nous? Commençons par nous regarder. Quelle est notre relation avec nous-mêmes? Est-ce que nous nous comprenons? Poursuivons-nous des buts qui sont en accord avec notre nature profonde?
― Aigle bleu, tiré de L’héritage spirituel des Amérindiens

Une puissance ancestrale demande à s’éveiller, la force de la tribu cogne à nos portes, nous invitant à sortir, à redéfinir notre mode de vie, à nous retrouver. Redécouvrons le monde et ses vrais couleurs, sans filtres ni retouches. Pur, authentique, naturel.

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L’art oublié de terminer

 

La boule orangée disparaît derrière le lac, laissant place à son acolyte, grand-mère lune. Les flocons de neige voltigent, emportés par la brise. La terre revêt son manteau blanc. L’automne tire à sa fin. Il fait de plus en plus froid, de plus en plus noir, longtemps. On a envie de cocooning, de s’emmitoufler dans les couvertures, près d’un feu de foyer réconfortant. On sent le besoin de ralentir le rythme, de s’intérioriser, de faire le bilan.

Selon le concept de la roue de médecine autochtone, la vie est un cycle, un cercle doté de quatre directions principales : l’Est, la naissance, le Sud, l’action, l’Ouest, la récolte et la fin, et le Nord, le repos (la mort).

L’automne est associé à l’Ouest. Sa couleur est le noir. On passe du jour à la nuit, de la lumière à l’obscurité. C’est le crépuscule, la fin d’un cycle. Mais aussi la préparation au renouveau.

Déjà, la saison se termine, laissant place à l’hiver.

Terminer. Un mot si simple. Et pourtant, dans notre culture occidentale, l’Ouest est souvent rebuté, omis, inconsciemment ou consciemment oublié. On passe du Sud au Nord, de l’été à l’hiver, sans prendre le temps de récolter et de terminer ce qui a été planté à l’Est, fleuri au Sud.

Dans nos relations…

Quand on pratique les arts martiaux en duo, on débute et on termine par un salut. « C’est un signe de respect destiné à notre adversaire, mais aussi la preuve honnête et sincère d’une maîtrise de soi. » (TOTUM : L’ÉVEIL DU POUVOIR)

Combien de relations avons-nous commencées sans prendre le temps de saluer pour terminer dans les règles de l’art; de reconnaître la valeur de ce qui a été et de remercier? Et même si la relation nous paraît avoir été nocive, elle nous a permis d’évoluer.

Combien de fois, pour éviter la confrontation, avons-nous conservé et entretenu l’espace d’une relation qui ne nous apportait plus, empêchant ainsi la création et la manifestation d’une nouvelle? Car même si nous la laissons aller en pensant qu’elle se dissoudra éventuellement dans le néant par elle-même, elle continue d’exister.

Avec tous les sites de rencontre sur le Web, les liens se forment et se multiplient. La qualité des échanges semble avoir donné lieu à la quantité. On explore le plus vite possible sans nécessairement prendre le temps de s’interroger sur ce que l’on veut vraiment. On se nourrit de fast food, le dating express. On disperse les échanges. On disperse nos énergies. On se disperse.

Le ghosting

Ne plus donner signe de vie pour quitter quelqu’un est devenu tellement courant qu’un nom lui a été attribué : ghosting (de l’anglais ghost, fantôme). Selon la psychologue Vanina Touchet, cesser tout contact avec quelqu’un rencontré sur Internet après un seul rendez-vous peut être considéré comme une pratique acceptable. Il faut s’y attendre. (Huffingtonpost) Or, le ghosting existe aussi dans les relations sérieuses de longues dates. Pour certains, des années d’amour, de partages, d’échanges et de liens précieusement tissés s’envolent soudainement sans que les derniers mots ne soient jamais prononcés.

Est-ce là une preuve de mal-être sociétal? Un monde dans lequel la fin est taboue? Devant la vieillesse, on détourne le regard. On semble l’avoir associée à la laideur et à la souffrance. On ne veut plus vieillir. Les personnes âgées finissent maintenant leurs vieux jours dans des centres peu lumineux. Leur rang d’aîné, de sage et d’enseignant, autrefois si dignement mérité, leur a été retiré. Et elles ont perdu leur raison d’exister.

Dans certaines régions orientales, les gens se préparent à la mort dès la naissance, car ils connaissent le cycle, et préfèrent l’accueillir pour mieux vivre. Et mieux mourir. Mais comment mourir sans terminer sa vie? Comment bien finir si nous avons peur de faire face à cette réalité?

Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit.
― Khalil Gibran

La fin d’un cycle

Que se passe-t-il lorsque nous évoluons sur notre roue? Nous nous retrouvons éventuellement devant ce qui a jadis été laissé sur la trajectoire. Quand on ne prend pas soin de retirer les cailloux qui entravent notre chemin, on s’empêtre inévitablement les pieds dans une pierre au prochain tour. Car il existe le grand cercle de la vie qui porte en lui une multitude de petits cycles. On tourne. Moins on nettoie le chemin, plus il devient cahoteux, jusqu’à nous obstruer complètement le passage, nous empêchant d’avancer.

Ce que je ne savais pas, à l’époque, c’est que la vie m’amènerait à plus d’une croisée des chemins. Chaque fois, j’avais la liberté de choisir la route vers Être. Chaque fois que je m’y refusais, la chaussée devenait plus cahoteuse, les obstacles plus périlleux, l’introspection plus profonde, la coquille plus épaisse.
― Maiah, Totum : l’éveil du pouvoir

Quand j’ai débuté la formation sur la roue de médecine, mon enseignante, Nadeije, m’a remis une pierre qu’elle avait quelques jours plus tôt choisie à mon intention. En me l’offrant, elle m’a dit ceci :

Cette pierre est le symbole de notre relation. Si, pour une raison ou pour une autre, tu choisis de quitter avant la fin de la formation, je te demande de me la rapporter. Si tu préfères, tu peux aussi me la faire parvenir par la poste. Ce que je demande, c’est que la pierre me revienne pour que nous puissions, toi et moi, clore la relation. Si tu termines la roue, la pierre t’appartiendra. Mais tu sais, a-t-elle ajouté, au fil du temps, 18 personnes ont quitté la roue avant la fin, et seulement 4 pierres me sont revenues. Terminer, dans notre culture, c’est beaucoup plus difficile à faire qu’à dire. Nous n’y avons tout simplement pas été habitués.

Combien de relation non terminées gardez-vous dans votre placard intérieur? Pour finir l’année en beauté, pourquoi ne pas nettoyer notre chemin (ou une partie, du moins), et rendre les pierres à leurs destinataires en signe de respect, pour soi comme pour l’autre. Notre roue n’en sera que plus claire et notre maîtrise de soi, que plus grande.

Saluons notre propre nature et le cycle de nos saisons…

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Parce que je l’ai dit

Parce que je l’ai dit, je l’ai fait souffrir. Et lui, blessé, et en colère, l’a répété, partageant sa douleur avec son ami, qui n’a pas hésité à lui cracher tous mes défauts au visage. Ça ne semble pas vouloir s’arrêter. Il m’en veut, il me déteste. Son ami aussi. Et moi, je me morfonds dans un espace de torture. J’ai mal. Pourtant, je ne lui ai dit que quelques mots, peut-être un peu impulsivement. Et là, tout le monde a mal.

Les anciens Égyptiens croyaient que Toth avait créé le monde juste avec sa voix. Dans le livre de la Genèse de l’Ancien testament, il est écrit : « Et Dieu a dit, que la lumière soit. » Le Prologue de l’évangile selon Jean stipule : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. »

Qu’il s’agisse de la culture maya, hopi, australienne, hindoue, polynésienne, africaine et j’en passe, nombreuses sont celles qui partagent une source commune : des écrits et légendes sur la Création du  monde directement liés au son, à la musique ou au mot.

Que votre parole soit impeccable est le premier accord toltèque. La parole est une force, elle est magique. Blanche ou noire. Chaque mot prononcé est un sort lancé. Par la voix, nous avons la faculté de créer. Enfer ou paradis, c’est là que réside tout notre pouvoir. Celui de perpétuer la peur, ou l’amour.

Le mot parlé a deux aspects : le son audible, le mot lui-même, et le son-élément subtile derrière le mot; l’énergie vibrante avec la signification du mot prononcé, appelé sphota. Ce dernier s’élève puissamment dans l’invisible, résonnant parfaitement à l’intérieur, comme à l’extérieur, s’imprégnant dans nos cellules tel un couteau dans du bois. Ainsi, l’émotion ou la pensée véhiculée dans le mot a plus de puissance que le mot lui-même.

Girafe ou chacal?

Selon certains chercheurs, il y a de cela 3 000 à 5 000 ans, les racines du langage auraient changées. Cette période correspond d’ailleurs à l’émergence du patriarcat.

Marshall B. Roserberg,  docteur en psychologie clinique formé en psychothérapie psychanalytique et directeur de la formation du Centre pour la communication non-violente (Center for Noviolent Communication), explique qu’avant cette ère, nous parlions le langage girafe, le langage du cœur (la girafe est l’animal terrestre avec le plus gros coeur), alors que maintenant, c’est le langage chacal, celui de l’égo, que nous utilisons. Ainsi, notre façon de communiquer créerait automatiquement une résistance, d’abord en nous-même, émetteur, et chez le récepteur.

Nous avons été habitués à communiquer d’une façon qui n’est pas habituelle.
― Gandhi

Le mot, ce créateur… Lorsque le langage utilisé est celui du chacal, il est porteur des fréquences de la peur. Et la peur engendre plus de peur. Mais il est impossible de briser cet engrenage en le perpétuant. Seul le langage girafe a le pouvoir de dissoudre les fréquences du chacal, car « on ne peut pas résoudre un problème avec le même niveau de pensée que celle qui l’a créé » (Albert Einstein).

Plus nous portons notre attention sur ce que nous ne voulons pas, plus nous l’attirons. Et lorsque nous le nommons… Abracadabra! D’ailleurs, les origines de ce mot, bien qu’incertaines, puisent leur source dans l’hébreu « je vais créer en parlant » ou dans l’araméen « je crée comme le mot ». Certains pensent qu’abracadabra est lié à des termes d’origine latine ou grecque tel qu’abraxas.

Si une personne dans cette pièce souhaite que je lui apporte un verre d’eau et qui le demande en silence, je pourrais ne pas recevoir le message, mais si cette personne le demande à voix haute, je devrai répondre immédiatement.
―  Mais Dieu n’est pas sourd, a-t-il été argumenté.
― Ah, mais Dieu est très occupé et si je parle à voix haute, il est certain que quelqu’un m’entendra et viendra à mon aide.

― Histoire hindoue

Des pensées positives pour un corps sain

 Selon les recherches, à une certaine époque, la négation n’existait tout simplement pas. Le ne et le pas ne faisaient pas partie de la communication. « N’oublie pas! » prenait plutôt la forme de « rappelle-toi! ». Pour cause: l’inconscient ne comprend pas la négation. Ainsi, si je vous dis « ne pensez surtout pas à une corneille orange », à quoi pensez-vous?

Chaque pensée libère des substances chimiques dans notre cerveau. Porter notre attention sur des pensées négatives l’endommage grandement, le privant de sa force positive, et le ralentissant jusqu’à diminuer sa capacité de fonctionnement et créer la dépression. Pour sa part, la pensée positive, heureuse, optimiste et joyeuse, diminue le cortisol, hormone du stress si sécrétée en trop grande quantité, et produit de la sérotonine, ce qui procure un sentiment de bien-être.

Être positif aide notre cerveau à fonctionner au maximum de sa capacité. Les pensées heureuses soutiennent la croissance cérébrale, ainsi que la génération et le renforcement de nouvelles synapses, en particulier dans le cortex préfrontal (PFC), qui sert de centre d’intégration de toutes vos fonctions cérébrales (PSYCHOLOGY TODAY).

Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs).
― Livre de Marshall B. Rosenberg

La voix humaine, ce puissant instrument vibratoire

Certaines légendes et croyances racontent qu’au début des temps, les leaders politiques, rois et reines, dieux et déesses, gouvernaient pendant des milliers d’années. Ils instauraient l’harmonie à l’aide de méthodes inspirées du divin, telles que la géométrie sacrée et la musique. Ainsi, on dit qu’avant de devenir publique, la musique devait rencontrer les normes établies par les hauts dirigeants, car le son permettait au peuple de vivre dans l’harmonie, de la créer et de la maintenir.

Un groupe de chercheurs a effectué une étude auprès d’une tribu autochtone coupée du reste du monde. Lorsque l’un d’eux a joué une douce musique à la guitare acoustique, les têtes se sont légèrement levées et des sourires ont pris forme sur les visages. Mais quand la mélodie s’est transformée en énergique musique rock, les guerriers ont tout de suite bondi et, sur la défensive, ils ont agressivement pointé leur lance en direction du « monstre » qui les attaquait!

Toute la création est une matrice de fréquences qui attend de recevoir nos instructions; la projection de nos intentions afin que l’espace et la matière aient une direction spécifique à prendre. Billy Yellow, un homme médecine de la tribu des Navajos à un jour sagement affirmé : « Notre tâche est de chanter le monde, chanter sa beauté. Le monde est la réflexion de nos chants. » Et la voix humaine est le plus puissant instrument vibratoire que le corps puisse connaître.

Celui qui a trouvé la note clé de sa voix a trouvé la clé de sa vie.
― Hazrat Inayat Khan

Il est revenu vers moi pour faire la paix. Il m’a pardonné. J’ai été tellement touchée par la pureté de son geste; j’ai eu envie de perpétuer son exemple. Il m’a rappelé que nous sommes les seules créatures capables d’utiliser notre volonté pour changer notre vie. Parce qu’il m’a dit « je t’aime », la peur, ainsi que toute ma souffrance, ont du coup disparu.

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Écartez-vous, mesdames… action!

Deuxième partie

Lorsque nous lâchons prise, nos hanches s’ouvrent plus naturellement, nos organes reproducteurs se détendent, et nous sommes en mesure d’améliorer nos relations personnelles et de vivre notre sexualité à son plein potentiel. En laissant notre corps relâcher les zones tendues, on permet la libération des mémoires émotionnelles logées dans nos cellules.

En vous allouant des moments destinés à l’ouverture de vos hanches harmonisée à une respiration consciente dirigée dans cette zone, vous nettoyez ce qui ne vous sert plus et vous permettez ainsi à l’énergie positive de circuler dans votre chakra sacré.

Dans la première partie de cet article, nous avons abordé Swadhisthana, notre espace sacré situé sous le nombril. Depuis la rédaction de cette chronique, j’ai moi-même pleinement expérimenté l’importance de ce centre énergétique (lire Quand Elle tremble).

Maintenant, afin de sentir votre bas de corps revivre ― tout votre corps et tout votre être en fait! ― présentés par Stéphanie de Yoga Libella et Cristalline le chat, voici quelques asanas de yin yoga favorables à une saine circulation du prana au niveau du hara : la grenouille, le bébé heureux, la déesse du sommeil, le pigeon, le papillon, le demi grand écart et le singe.

Pendant les exercices, essayez de relaxer vos hanches le plus possible en amenant votre attention sur votre respiration. Puis, gardez les postures pendant quelques minutes afin de permettre à votre corps d’éliminer les émotions emmagasinées.

En cas de douleurs aux aines, aux genoux, au bas du dos ou si vous souffrez d’une hernie discale, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé avant d’exécuter les postures.

La grenouille (Malasana)

  • Le pelvis et les talons alignés avec les genoux, tendez progressivement les jambes, les pieds parallèles l’un à l’autre.
  • Écartez les genoux le plus possible. Gardez les mains au sol, ou les doigts en cas d’inconfort. Si vous êtes confortable les paumes au sol, posez les avant-bras sur le matelas.
  • Respirez dans cette position pendant quelques minutes en amenant votre conscience au niveau du deuxième chakra, Swadhisthana.

Liée à l’élément eau, la grenouille est un animal associé au féminin, et tout particulièrement à la lune. Le bassin étant la source et le réceptacle de la vie, la grenouille est spécialement reliée à Swadhisthana. Selon les Vedas, la Grande Grenouille est l’animal mythique de la création, et symbole de la transformation.

Le bébé heureux (Ananda Balasana)

  • Allongez-vous sur le dos, les jambes allongées devant.
  • À l’expiration, pliez vos genoux et amenez-les à la poitrine.
  • À l’inspiration, attrapez vos orteils et gardez les chevilles au-dessus des genoux.
  • Relâchez le coccyx vers le sol, allongez la nuque et la colonne vertébrale.
  • Ouvrez les hanches, poussez doucement les jambes devant, et ramenez les genoux à votre poitrine.

C’est le temps de zigouiller! Amenez votre conscience au niveau du hara et respirez dans la position pendant une minute.

La posture du bébé heureux n’est pas présente dans le yoga traditionnel. Elle est néanmoins très populaire en yoga moderne, et pour cause : elle calme le mental et atténue la fatigue!

 La déesse du sommeil (Supta Baddha Konasana) 

  • Allongez-vous confortablement sur le dos, les genoux fléchis et les pieds à plat sur le tapis.
  • Laissez doucement tomber les genoux de chaque côté et joignez vos plantes de pieds.
  • Laissez vos bras tomber sur le côté, les paumes tournées vers le haut.
  • Amenez votre conscience au niveau du chakra sacré et respirez dans la position pendant une minute.

La déesse du sommeil, en plus d’aider à la bonne circulation du Swadhisthana, est une posture qui, comme son nom l’indique, favorise un sommeil réparateur! Elle permet également de soulager les symptômes associés aux douleurs menstruelles et à la ménopause, de réduire le niveau d’anxiété et d’alléger la dépression en plus de stimuler la circulation sanguine et le cœur.  Un incontournable!

Le pigeon (Eka Pada)

  • Prenez la posture de la table, c’est-à-dire les mains et les genoux sur le tapis, les yeux vers le sol.
  • Amenez votre genou droit entre vos mains de façon à ce que votre cheville droite se trouve près de votre poignet gauche.
  • Allongez votre jambe gauche tout en gardant le dessus de votre pied, et de votre genou, sur le sol.
  • Pressez les paumes de mains et les doigts contre le tapis tout en relevant votre buste.
  • Équilibrez votre poids entre vos hanches. Sentez votre colonne se détendre.
  • Gardez votre pied flex devant vous et relâchez les yeux.
  • Respirez dans la position, puis répétez de l’autre côté.

Variante du pigeon (Eka Pada)

Vous vous sentez en pleine forme et vous avez envie de pousser l’exercice un peu plus loin…? Une fois dans la posture du pigeon, pliez le genou de la jambe gauche (allongée), et attrapez vos orteils à l’aide de votre main droite.

Respirez dans la position, puis répétez de l’autre côté.

Le papillon (Baddha Konasana) 

  • Débutez avec la posture du bâton (Dandasana), c’est-à-dire assis le tronc bien droit, les jambes allongées et les paumes sur le tapis. Vous pouvez également utiliser un bloc ou un coussin afin de surélever les hanches pour plus de confort.
  • En expirant, pliez vos genoux et joignez vos plantes de pieds. Amenez vos talons le plus près possible du pelvis.
  • Enveloppez vos pieds de vos mains et laissez doucement tomber les jambes de chaque côté sans forcer. Assurez-vous de garder la colonne bien droite.
  • Respirez dans la position pendant un moins une minute.

  • Comme variante, vous pouvez descendre doucement le buste vers le sol et étirer les bras de chaque côté du corps.
  • Respirez dans la position pendant un moins une minute.

Une croyance veut que cette posture tire ses origines de la position qu’utilisaient les cordonniers hindous, d’où son autre nom : la posture du cordonnier. Une pratique répétée de cette position peut soulager la douleur, faciliter les accouchements lorsque pratiquée pendant les derniers moments de la grossesse, alléger les inconforts urinaires en plus de stimuler le cœur et d’améliorer la circulation.

Le demi grand écart

Vous êtes flexible comme du caoutchouc et le grand écart n’a aucun secret pour vous… ? Vous aimerez certainement la posture du singe (ci-bas). Mais si vous faites partie de l’autre groupe, les « un peu moins élastiques » (comme moi), la position du demi-singe convient parfaitement. Surtout, avis aux aventuriers, ne forcez pas.

  • Prenez une position assise, les jambes allongées, et écartez vos jambes le plus possible. Gardez les pieds flex.
  • Descendez doucement votre buste vers le sol en prenant soin de garder le dos droit.
  • Relâchez les muscles et remontez le buste.
  • Respirez dans la position pendant quelques minutes.

Le singe / grand écart (Hanumanasana)

*À proscrire si vous souffrez de maux aux ischio-jambiers. 

  • Prenez la position de fente basse, le pied droit en avant, le gauche derrière.
  • Descendez le genou gauche au sol.
  • Amenez les mains derrière pour atteindre le dos des hanches près du talon gauche, et allongez la jambe droite.
  • Tendez les doigts pour toucher le sol ou utilisez des blocs sous les paumes.
  • Glissez le talon droit aussi loin que possible dans une posture confortable, jusqu’à ce que vos hanches, bien droites, touchent le sol.
  • Respirez dans la position.

Bon yoga! Et surtout, bon Swadhisthana équilibré!

En collaboration avec Stéphanie Delorme, Yoga Libella

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Quand Elle tremble

La Terre, planète bleue, Gaïa, Terre-Mère; nous lui attribuons plusieurs noms, tous féminins. La Terre c’est Elle, et quand elle tremble, ses répercussions nous rappellent brusquement que nous sommes ses habitants, et non l’inverse.

Le 19 septembre dernier, je me trouvais au cœur de la ville de Mexico, à Paseo de la Reforma, et j’ai senti son pouls battre directement sous mes pieds. Mais l’histoire commence bien avant cela. J’ai d’abord hésité à en parler, mais puisque vous êtes nombreux à m’avoir demandé de raconter mon expérience, j’ai choisi de le faire tel que je l’ai vécue.

Quelques mois avant

Dernièrement, comme plusieurs le savent, j’ai commencé à me sentir interpellée par la cause des femmes. J’avais envie d’écrire sur elles, sur leur histoire qui n’a que très peu été racontée, sur nous. Alors, un bon matin, j’ai écrit La guerrière dépose les armes. Puis, j’ai eu l’inspiration pour rédiger Et si on avait des ailes, un texte dans lequel j’explique l’importance de prendre du temps pour soi afin de mieux se transformer, comme une chenille qui devient chrysalide avant d’émerger en papillon.

Les mots avaient pris forme au fur et à mesure que j’écrivais, sans réfléchir, sans me poser de question. Et ce n’est que plus tard que j’ai compris qu’ils s’adressaient aussi à moi, car je vivais une période d’intense fatigue depuis le début du mois de juillet 2017; une période pendant laquelle j’ai eu le sentiment de stagner à tous les niveaux de ma vie. Au cours d’une randonnée au Mont Orford en une belle journée du mois d’août, je me suis d’ailleurs retrouvée nez à nez avec un cocon. Les signes ne pouvaient être plus clairs.

J’ai ensuite écrit Écartez-vous, mesdames! pour traiter de l’importance de prendre soin de notre deuxième chakra situé sous le nombril : Swadhisthana, source de nombreux malaises et problèmes chez plusieurs femmes (incluant moi).

Associé à la couleur orange, Swadhisthana signifie « son propre endroit ».  C’est notre centre vital, celui des émotions, de la sensualité, du plaisir, du désir, de l’intimité, de la sexualité, et de la créativité; c’est l’espace du lâcher-prise, celui où on se laisse porter par le flux de la vie avec confiance. Swadhisthana est aussi relié à l’appartenance à un groupe, à sa tribu, à sa communauté, ce sentiment si cher à notre bien-être. Ce chakra exprime notre façon d’entrer et d’être en relation avec les autres, ainsi que nos motivations.

La journée du départ : le 13ième rite Munay-Ki

Le 16 septembre dernier, je me suis tout naturellement retrouvée chez Yoga Libella avec un groupe de 8 femmes et 2 hommes pour vivre le rite de la matrice utérine, le 13ième rite Munay-Ki, un soin chamanique qui provient de la jungle de l’Amazonie, au Pérou. Autrefois réservées aux femmes, les pratiques ouvrent de plus en plus aux hommes qui agissent en tant que protecteurs du féminin, mais qui peuvent également choisir de vivre le rite, comme leur a offert de le faire notre transmettrice et amie Marie-Chantal Couture.

Le rite de la matrice utérine est une transmission énergétique de femmes à femmes. Chaque femme est accueillie par la transmettrice (originellement la chamane) qui lui transmet le 13ième rite du Munay-Ki avec l’intention de guérir les femmes des peurs, des souffrances et des douleurs qu’elles portent au cœur de son ventre.

Ce matin-là, je suis arrivée une heure trop tôt chez Yoga Libella; j’étais certaine que le rite commençait à 9 h alors qu’en réalité il débutait à 10 h. Stéphanie (grande amie et fondatrice de Yoga Libella) et moi en avons donc profité pour jaser et pour tirer une carte oracle du tarot des initiés de l’ancienne Égypte. Nous avions également utilisé ce même jeu la veille lors d’une méditation. Les deux fois, j’ai pigé la carte IV (no 4), celle du Pharaon (L’Empereur dans le tarot traditionnel).

Puis les gens ont commencé à arriver alors nous avons pris place. MC a débuté en guidant une courte méditation pendant laquelle j’ai vu un gros cercle orange lumineux, la couleur du deuxième chakra, Swadhisthana.

Le rite a pris vie et, un à un, nous avons déposé la fleur que nous devions apporter dans un gros bol d’eau situé au centre du cercle que nous formions. J’avais choisi une mignonne petite fleur des champs cueillie dans les jardins de Yoga Libella.

Nous avons échangé sur différents thèmes, dont celui du 13/28 : le calendrier des 13 lunes (mois) chacun divisé également en 28 jours, utilisé par les anciennes civilisations. Ce calendrier ne renvoyait pas à la linéarité du temps comme c’est le cas du calendrier à 12 mois, et il respectait le cycle de la femme. Chez les Premières Nations, les saignements étaient considérés comme sacrés. Il s’agissait d’une période pendant laquelle les visions, l’intuition et la sensibilité de la femme étaient à leur apogée, tout comme son lien avec la Terre.

La façon la plus rapide de détruire une tribu, c’est de détruire la loge lunaire (hutte spécialement conçue pour accueillir les femmes pendant qu’elles ont leurs règles).
―Dicton amérindien

Tout au long de la journée, les larmes ont jailli, pour moi comme pour plusieurs. Pour la première fois, je sentais que mon ventre (et tous les corps subtils y étant rattachés) se nettoyait en profondeur. Une énorme lourdeur se dissipait, un mal intense se transmutait, refaisant place à son espace de création originel. C’était si intense que je n’ai pu faire autrement que de penser que ces blessures dataient de bien avant cette vie-ci et qu’elles appartenaient non seulement à moi, mais à l’inconscient collectif féminin.

J’ai quitté l’endroit en remettant ma fleur à la terre, exténuée, mais plus légère, prête à m’envoler vers le Mexique pour une mission économique exploratoire avec Sylvie et Manuel.

En route vers l’aéroport, le soleil couchant formait un radiant cercle orangé. Sylvie, qui conduisait la voiture, a même lancé « Wow, tu as vu le soleil comme il est beau! » et j’ai souri en pensant que la vie me faisait un clin d’œil, me montrant la voie vers le chemin à suivre. Le cercle orangé était sans aucun doute le thème de ma journée; il s’était plusieurs fois révélé tout au long de l’événement.

Avec Sylvie et Manuel, cette nuit-là du samedi au dimanche, nous avons volé vers la ville de Mexico.

Ville de Mexico, deux jours avant le séisme

Le dimanche, après un somme et un bon petit-déjeuner, nous montions à bord d’un bus pour découvrir la ville, sa culture, son architecture avec ses vieux bâtiments, des manifestations qui prenaient vie dans les rues, et des policiers qui se rassemblaient. Devant un immeuble, un groupe de femmes revendiquaient leurs droits. Manuel, Mexicain d’origine qui habite le Québec depuis plus d’une décennie, nous expliqua à Sylvie et à moi qu’une femme avait été tuée et qu’au Mexique, environ la moitié des femmes sont victimes de violences conjugales.

Chaque jour, six femmes sont assassinées. Et ces chiffres sont en augmentation. Le patriarcat autorise les coups pour corriger le comportement des femmes. C’est la même chose pour le viol : un tiers des femmes violées au Mexique considèrent l’acte comme sans importance et ne portent pas plainte. Selon une enquête, « 10 % des hommes mexicains interrogés estimaient qu’il était tout à fait normal de frapper une femme si celle-ci n’obéissait pas. » (LES VOIX DU MONDE). Avec le rite que je venais de vivre la veille, je n’ai pu faire autrement, dans l’intention, que de joindre ma voix à la leur.

Puis nous avons visité les ruines de Tenochtitlán, ancienne capitale de l’empire aztèque. En fait toute la ville de Mexico est bâtie sur les ruines de cette civilisation. Selon de nombreux historiens, le terme Mexico signifierait « lieu au milieu de la Lune » ou « lieu au centre du lac de la Lune », en référence au lac de Texcoco au milieu duquel a été construite la ville de Mexico. Tandis que nous nous promenions au travers des ruines, un proverbe mexicain résonnait en moi : « Ils ont essayé de nous enterrer. Ils ne savaient pas que nous étions des graines. »

Tenochtitlán

Ensuite, nous avons découvert Zócalo, le point central de la ville de Mexico, où nous avons tout spécialement pris le temps de poser les pieds au centre d’un anneau métallique tracé sur le sol, représentant le milieu de la ville, un peu comme son nombril!

Un peu partout dans la ville de Mexico, dans les marchés et les boutiques, nous retrouvons La Catrina, à l’origine appelée La Calavera Garbancera. Il s’agit d’un squelette féminin vêtu de riches habits et portant habituellement un chapeau. Ce personnage est inspiré de traditions européennes et indigènes préhispaniques (particulièrement du culte de la déesse aztèque de la mort Mictecacihuatl). Il y a aussi d’autres sculptures et des calaveras, des crânes humains, ou « têtes de mort ». J’aimais tout spécialement ces derniers.

19 septembre, jour du séisme

J’avais commencé mes règles la veille en après-midi, et le mardi matin, 19 septembre, 11 h 15, alors que nous attendions un premier client potentiel dans la salle de conférence de notre hôtel sur Paseo de la Reforma, un son s’est mis à retentir dans les couloirs. Manuel nous a tout de suite avisées de ne pas nous inquiéter, qu’il s’agissait d’une pratique pour vérifier les dispositifs d’avertissement de séisme. Mais une question a tout de suite fusé de ma bouche : « Que devons-nous faire en cas de tremblement de terre? ». Manuel nous a gentiment expliqué la procédure à suivre.

Vers 13 h, la réunion terminée, Sylvie et moi partions manger une bouchée à côté de l’hôtel, à la Plaza Reforma 222. Manuel devait passer quelques coups de fil et il prit plutôt la direction de sa chambre, au 9ième étage. La foire alimentaire se trouvait au dernier étage de l’immeuble, le quatrième (comme le numéro de la carte du Pharaon).

À chaque fois que nous devions monter un étage supplémentaire, je prenais quelques secondes pour remettre en question la foire alimentaire, me disant que c’était trop haut et que nous pourrions trouver un autre restaurant au premier niveau. Et pourtant, ce n’était pas si haut. En plus, je n’ai jamais eu peur des hauteurs. Mais quelque chose ― une force ― me faisait hésiter devant chaque escalier, sans toutefois pulser assez fort à l’intérieur de moi pour m’amener à arrêter l’ascension.

Assises dans un petit restaurant, nous venions de commander quand j’ai ressenti les premières secousses sous mes pieds. Il était 13 h 13. Mon réflexe a d’abord été de penser que j’avais halluciné, mais déjà je sentais un autre tremblement encore plus puissant. J’ai tout de suite compris ce qui se passait, surtout qu’une femme hurlait et courait dans notre direction. La vitrine d’un magasin venait d’éclater en morceaux à côté d’elle, et le plafond s’effondrait par endroits. C’était la panique dans le centre commercial. Tout le monde s’agitait et criait, essayant de se mettre à l’abri. Les lumières se sont mises à osciller avant de s’éteindre.

Sylvie et moi, avec de nombreux autres Mexicains, nous nous sommes aussitôt réfugiées autour d’une colonne en attendant que le séisme passe et en priant pour garder les pieds sur terre.

Sans trop savoir ce que je faisais, je me suis retrouvée dans une espèce de transe, visualisant une énorme bulle lumineuse et protectrice autour de nous, autour de notre zone. Habituellement, inconsciemment, la peur provoque la contraction de nos muscles, de notre corps. Et même si une partie de moi avait peur, j’ai senti mon corps s’ouvrir complètement, pleinement. J’avais le sentiment d’être en fusion avec Elle, qui tremblait puissamment sous nos pieds, au-dessus de nos têtes, partout autour. Pendant un instant, j’ai même eu l’impression de lui remettre quelque chose et de reprendre autre chose. Puis, je me suis entendue dire à Sylvie que nous allions sortir saines et sauves de cette aventure. Quelques secondes après, le sol s’était immobilisé. (Par la suite, Sylvie m’a avoué que, même si elle se trouvait dans un état de peur extrême, dès que j’ai prononcé ces mots, elle s’est tout de suite sentie rassurée et confiante de s’en sortir vivante malgré le mouvement incessant du sol sous ses pieds. Comme quoi les petits gestes peuvent faire une grande différence.)

Lorsque le tremblement a cessé, Sylvie a pointé un homme qui montrait la route d’évacuation à emprunter. À la sortie de l’immeuble, j’ai aperçu Manuel qui sortait de l’hôtel et, comme nous, il se dirigeait vers le centre de la rue (selon les procédures). Dire que nous étions soulagés de tous nous retrouver serait un euphémisme. Nul besoin de mentionner que les dispositifs d’avertissement de séisme avaient failli à leur devoir.

Dans la ville

Les rues étaient bondées de centaines de milliers de personnes. Après un tremblement de terre de magnitude 7.1, plusieurs autres secousses peuvent surgir, alors tout le monde était sur ses gardes. Surtout que 32 ans plus tôt, jour pour jour, un séisme de magnitude 8.2 à Mexico avait provoqué la mort de 10 000 personnes et fait 30 000 blessés.

Autour de nous, il y avait des gens blessés, d’autres qui perdaient connaissance, sans mentionner les fuites de gaz que nous devions fuir. Les restaurants et dépanneurs étaient tous fermés. Les cousins de Manuel lui envoyaient de l’information par Internet (dont la connexion était intermittente), et tout autour de nous, des édifices s’effondraient en direct. Trente-deux édifices ont été détruits cette journée-là. Plusieurs rues se fermaient devant nous. C’était comme si nous nous trouvions au centre d’une marguerite et que plusieurs de ses pétales étaient emportés par un vent de tempête.

Plaza de la Reforma, ville de Mexico, juste après le séisme

Après avoir communiqué avec nos familles respectives pour les informer que nous allions bien ― non sans le trémolo dans la voix ―, Manuel a réussi à dénicher une voiture. Le propriétaire était prêt à nous aider à nous éloigner de la zone de crise question de trouver un lieu pour faire des provisions.

Pendant que nous nous déplacions à travers la ville de Mexico, des véhicules d’urgence provenant d’autres régions et états arrivaient en soutien, des civils participaient à la circulation pour ouvrir le passage et des gens couraient dans les rues pour venir en aide à ceux qui étaient restés coincés dans les édifices effondrés. Uber a annulé les frais de taxi et beaucoup d’autres entreprises ont fait preuve d’une grande générosité. Plus de 340 personnes ont trouvé la mort. Une cinquantaine a été sauvée grâce à l’esprit de collaboration et d’entraide, omniprésent dans la ville.

Une touche de la nature et le monde devient plus proche.
― William Shakespeare

Pendant le reste de la journée, j’ai senti plusieurs petites secousses partir de mes pieds et remonter jusqu’à ma tête. Chaque fois, je me demandais si un autre séisme frappait. Mais quand j’ai parlé de mes courts étourdissements, Manuel m’a expliqué qu’un tremblement de terre comme celui que nous venions de vivre provoquait par la suite des milliers de petits séismes, et c’était probablement ce que je ressentais. Un peu plus tard, assise dans un taxi les yeux fermés, j’ai eu la vision d’un volcan qui entrait en éruption. Le samedi suivant, un séisme de magnitude 6,1 frappait le Mexique, provoquant l’éruption du volcan Popocatépetl.

En fin de journée, nous avons été accueillis chez des amis à Manuel, Americo, Rocío, Rosío Isabel et Pablo: une merveilleuse famille qui nous a offert l’hospitalité, et qui a fait preuve d’une très grande bonté à notre égard. Le lendemain, après le petit-déjeuner, nous partions vers Monterrey. Le reste du voyage a été rempli d’anecdotes et d’aventures, mais tout s’est bien passé. Sylvie, Manuel et moi étions remplis de gratitude d’être en vie, et nous savions qu’un puissant lien nous unissait dorénavant.

Retour au Québec

Quand nous sommes rentrés au Québec, Serge, le mari de Sylvie, et ses enfants, étaient venus nous accueillir à l’aéroport (nous les avons manqués, mais ça fait partie de notre périple inimaginable). Bref, nous les avons retrouvés près d’une heure plus tard, et les enfants ont remis un bouquet de fleurs à Sylvie. Serge nous avait apporté, à Manuel et à moi, une rose rouge pour nous remercier d’avoir été là, avec Sylvie, au cours de cette aventure. J’ai été très touchée par ce geste rempli de bonté.

Stéphanie m’avait invitée à venir me reposer au Centre question de refaire le plein d’énergie. Et c’est ce que j’ai fait. Je suis revenue à l’endroit où s’était tenu le rite de la matrice utérine Munay-Ki, ce lieu où j’avais remis ma fleur des champs à la terre juste avant de m’envoler vers le Mexique. J’y revenais transformée, nantie d’une rose rouge, symbole associé au féminin sacré.

Mon amie étant à Québec, j’ai passé la journée seule à méditer sur la coline de pierre et devant le lac, à remercier la vie, remplie de compassion et de pensées pour ceux qui n’ont pas eu notre chance.

Yoga Libella

Le lendemain matin, heureuses de nous revoir, Stéphanie et moi avons passé la matinée à bavarder et à échanger sur ce que nous avions respectivement vécu pendant mon voyage. Comme nous aimons le faire, nous avons pigé une carte oracle du tarot des initiés de l’ancienne Égypte.

J’ai pigé la carte XIII (no 13), celle de la mort. Voici une partie du texte qui accompagne la carte :

L’initié doit mourir au monde profane pour renaître à la vie spirituelle. Il doit quitter l’état d’imperfection pour s’élever au-dessus des contingences matérielles en transmutant.

Cette mort fictive se retrouve dans toutes les initiations et dans la nature. En effet, la mort n’est qu’apparence statique comme la chrysalide qui libérera le papillon.

Les initiés disent souvent : les yeux que l’on ferme en ce monde s’ouvrent dans un autre et le sage ne craint pas la mort, car mourir c’est connaître.

Influence numérique : le 13

Il n’y a pas grand-chose à dire du symbolisme numérique qui ramène le 13 au 4 (1+3), sa racine, et en rappelle les propriétés : c’est le nombre de la matière parfaire, prête à recevoir la sensibilité et la vie, c’est-à-dire à faire un pas de plus dans son évolution, à se transformer.

C’est le principe actif de la vie individuelle, dont la correspondance du nombre 13 est la destruction qui permettra de récolter ce que la lame IV (Le Pharaon) aura semé.

Si vous vous rappelez, la carte du Pharaon est celle que j’avais pigée juste avant de partir pour le Mexique.

Tandis que Stéphanie et moi discutions de toutes ces synchronicités, à un moment donné, elle m’a dit :

Isa, as-tu fait le lien entre le fait d’avoir vécu le 13ième rite Munay-Ki, de t’être envolée vers la ville de Mexico, le nombril de la lune, bâtie sur des ruines de l’empire aztèque, une civilisation fondée sur le 13/28, d’avoir mis les pieds dans le nombril de la ville de Mexico, et moins de 24 heures après avoir commencé tes règles, tu as vécu un tremblement de terre? Il ne peut pas y avoir de hasard. Le réalignement du 13/28 ébranle les structures d’aujourd’hui. Tu as remis à la Terre les souffrances et les peurs des femmes, ces douleurs emmagasinées et libérées pendant le rite! C’est la mort d’un cycle et le commencement d’un nouveau.

Sur le coup, je suis restée sans mot. Mais j’avais bel et bien senti, de façon inexplicable, mon corps s’ouvrir pendant le tremblement de terre. J’avais beau me répéter que cette histoire était tirée par les cheveux, il reste qu’elle résonnait comme une vérité dans mon for intérieur. Mais je préférais ne pas la raconter, surtout que je n’y voyais pas tout à fait clair. Stéphanie m’a finalement convaincue du contraire.

Ces éléments sont-ils véritablement reliés entre eux? Notre côté rationnel est porté à penser qu’il s’agit d’une série d’événements décousus. N’empêche qu’avec de si nombreuses synchronicités en si peu de temps, il est presque impossible de ne croire en aucune corrélation. Ce n’est pas non plus un hasard si je suis partie avec Sylvie et Manuel, deux personnes merveilleuses dont la tête et le cœur sont bien alignés. D’ailleurs, tout au long de notre périple, Manuel a veillé sur Sylvie et sur moi comme s’il s’agissait de son devoir inné. Merci à vous deux. Ce fut un privilège de vivre un tel moment en votre compagnie.

Elle est un organisme vivant. Feu, eau, air, terre. Elle frappe de tous ses éléments. Elle nettoie. Elle purifie. C’est sa façon de communiquer avec nous, de nous inviter à devenir arbres, et non pions. Enracinons-nous puissamment, ainsi nous vivrons en harmonie et forts avec Elle. Car un arbre sans racine tombe facilement, il s’envole au premier coup de vent.

Comme le dit si bien Marie-Chantal : Universel c’est d’être « Uni vers elle ».

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Écartez-vous, mesdames!

Première partie

« Les jeunes filles bien élevées ne s’écartillent pas! Assied-toi droite, les cuisses serrées, les jambes croisées au niveau des chevilles. Maintenant, reste tranquille, sois belle et polie… » Vous avez déjà entendu ces mots; ces phrases imprégnées au niveau de l’inconscient féminin tellement elles nous ont été répétées depuis la nuit des temps.

Habituée à se montrer parfaite et docile telle une poupée de porcelaine, même dans les moments difficiles, même quand elle sent la colère se frayer un corridor de feu telle la lave torride d’un volcan, la femme se contente de ravaler sa frustration et de sourire, camouflant ainsi toute trace d’émotion. Mais les temps changent… heureusement!

Selon certaines études, « Les femmes atteintes du cancer ne savaient pas comment décharger leur agressivité directement et niaient l’existence d’impulsions agressives en elles-mêmes. » Bien que l’agressivité refoulée ne soit pas la seule cause du cancer, elle semble en être une d’importance[1]. Ce n’est plus un secret, la science démontre désormais les effets nocifs du stress, de la colère et des émotions réprimées, sur la santé.

Quel est le rapport avec le fait de garder les cuisses fermées et donc, tout ce qui se trouve entre elles, me direz-vous? Le lien réside au niveau du chakra sacré, le hara ou encore, le deuxième chakra, Swadhisthana, en sanskrit.  Ce centre d’énergie situé dans le bas-ventre (environ un à deux pouces sous le nombril) est directement lié aux hanches, au bas du dos, à l’utérus, aux organes génitaux et donc, au sexe. L’agressivité et le sexe… deux sources importantes reliées aux problèmes affectifs et interpersonnels chez l’homme occidental depuis des siècles. Mais il est toujours temps de changer… Prendre une autre direction, ça vous dirait?

Et les hommes dans tout ça…

Même si cet article s’adresse aux femmes, les hommes sont également concernés. Bien entendu, leur position écartée est beaucoup plus répandue que chez la femme qui a été conditionnée autrement. Et un homme qui lâche un juron de frustration en public, ça peut aller, alors que chez la femme, c’est habituellement considéré comme inadéquat, pour ne pas dire qu’elle se fait vite étiquetée de vulgaire bûcheronne mal éduquée. Mais les hommes, comme tout le monde, connaissent des blocages au niveau du hara. D’ailleurs, évacuer sa colère et hara équilibré ne sont pas synonymes.

Nous vivons dans un monde où le masculin l’emporte sur le féminin ― même la langue française le reflète! ―, où l’action prédomine l’introspection et la sagesse. Ce déséquilibre est à la base d’un important stress à tous les niveaux de notre vie.

 

Comment faire pour adoucir nos attitudes de compétition, de matérialisme et de développement à outrance? Comment arriverons-nous à entrevoir une attitude de conciliation et de détachement face à l’argent et au pouvoir? De quelle façon pourrons-nous rééquilibrer les tendances intellectuelles et scientifiques de notre société? Où trouverons-nous des êtres capables de décider pour le plus grand bien de l’ensemble sans arrière-pensées de partisannerie ou de profit personnel? Une réponse partielle à ces questions se trouve dans la femme. (…) Nous vivons dans une société d’hommes, gouvernée par les hommes et où les femmes éprouvent beaucoup de mal à se faire respecter. Le manque d’énergie féminine produit un déséquilibre qui affecte tous les paliers de société. 

― Aigle bleu, tiré de L’Héritage spirituel des Amérindiens

 

Swadhisthana…

Swadhisthana signifie « son propre endroit ».  C’est notre centre vital, celui des émotions, de la sensualité, du plaisir, du désir, de l’intimité, de la sexualité, et de la créativité; c’est l’espace du lâcher-prise, celui où on se laisse porter par le flux de la vie avec confiance. Swadhisthana est aussi relié à l’appartenance à un groupe, à sa tribu, à sa communauté, ce sentiment si cher à notre bien-être. Ce chakra exprime notre façon d’entrer et d’être en relation avec les autres, ainsi que nos motivations.

Quand notre chakra sacré est bloqué, nous expérimentons la peur, un malaise devant le plaisir, des problèmes et des inconforts, voire même un sentiment de culpabilité face à notre sexualité, des maux au niveau des hanches, des organes reproducteurs et du bas du dos, des déséquilibres émotionnels, l’insécurité, la timidité et une grande difficulté à faire confiance aux autres et à la vie. Par ailleurs, la personne dont le hara est excessivement stimulé peut démontrer une dépendance émotionnelle et/ou sexuelle et avoir du mal à fixer des limites saines.

À l’opposé, une personne dont le deuxième chakra est équilibré est à l’écoute d’elle-même et de son intuition aiguisée. Elle incarne la stabilité émotionnelle, la compassion, et elle embrasse la vie, l’accueillant à bras ouverts. On se sent immédiatement bien en sa compagnie.

Lorsque nous lâchons prise, nos hanches s’ouvrent plus naturellement, nos organes reproducteurs se détendent, et nous sommes en mesure d’améliorer nos relations personnelles et de vivre notre sexualité à son plein potentiel. En laissant notre corps relâcher les zones tendues, on permet la libération des mémoires émotionnelles logées dans nos cellules.

En vous allouant des moments destinés à l’ouverture de vos hanches harmonisée à une respiration consciente dirigée dans cette zone, vous nettoyez ce qui ne vous sert plus et permettez ainsi à l’énergie positive de circuler dans votre chakra sacré. D’ailleurs, le simple fait de ramener votre respiration au niveau de l’abdomen peut vous aider à ouvrir et à relaxer les tensions. Car notre respiration se fait inconsciemment de façon thoracique, laquelle sollicite la partie supérieure du thorax, omettant le ventre. En quelque sorte, on se coupe d’une partie de soi-même, de toute la zone inférieure du corps…

La respiration abdominale est extrêmement bénéfique; en plus de réguler le rythme cardiaque et de diminuer le stress et l’angoisse, elle favorise l’oxygénation des cellules et du sang, procure un sentiment de bien-être, de calme et de sérénité, stimule la production d’endorphines, et permet à l’organisme d’évacuer les déchets gazeux emmagasinés (Femme actuelle)…

C’est d’ailleurs en pratiquant la posture de yoga du bébé heureux avec ma bonne amie Stéphanie, fondatrice de Yoga Libella sur le lac, que pour la toute première fois ― aussi intensément, du moins ―, j’ai senti l’énergie circuler dans mon utérus, comme si le bas de mon corps prenait une grande lampée d’air, de retour à la vie après avoir longtemps été asphyxié. Un sourire béat étampé sur le visage, je me suis rappelé mon amie Lys, et plus précisément la fois où elle m’avait avoué avoir senti un puissant jet d’air sortir de son orifice vaginal pendant un cours de yoga. Libérateur, vous dites!

Si vous êtes comme Lys et moi et que vous travaillez principalement assise à un bureau les cuisses inconsciemment crispées, les bienfaits d’une respiration abdominale consciente mixée à des exercices d’ouverture des hanches pourraient vous aider à libérer les tensions, à vous apaiser et donc, à être encore plus performante (si tel est votre souhait), mais surtout plus alignée avec vous-même et avec la vie.

 

La partie de nous qui a jadis été anesthésiée, domestiquée et engourdie (…) est maintenant en train de s’éveiller en chacune de nous. Et c’est notre entièreté, notre intuition, notre magie et notre pouvoir ― le pouvoir qui réside entre nos cuisses ― qui changera vraiment le monde.

Lisa Lister

 

La bonne fille se tient les cuisses serrées; les ouvrir la relèguerait au rang des pouffiasses sans rang social. Malheureusement, cette forme pensée, la sainte vierge et la prostituée, est encore bien ancrée dans l’inconscient collectif. Mais ne la laissons plus nous affecter. Transformons-la. Soyons qui nous sommes. Adoptons les postures que nous voulons! Et puis, il y a toujours le yoga qui nous offre un moment avec soi, tout indiqué pour s’écarter comme bon nous semble…

Restez à l’affût pour la suite! Dans la deuxième partie, vous découvrirez tout plein de postures de yoga bénéfiques à un hara équilibré et donc, à une vitalité accrue…

 

 

[1] Institut international de métaphysique appliquée

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Et si on avait des ailes…

 

Nous vivons dans un cadre sociétal décidé et implanté qui date de bien avant notre naissance. Chaque matin, la routine métro, boulot, dodo recommence. On avance sans trop se poser de question. Ainsi va la vie…

Pourtant, souvent, un vide subsiste; le genre de vide qui nous porte à se questionner, un vide qui nous fait penser : « Et s’il y avait plus? Et si j’osais… ». Mais la plupart du temps, on n’ose pas.

Pourquoi? Par peur. Peur du changement, peur d’être déstabilisé, peur de manquer d’argent, peur de déplaire, peur de ce que les autres diront, peur de blesser, peur de se retrouver face à face avec soi-même, peur de se rencontrer réellement. Peur… Une toute-puissance imprégnée dans les fondations de notre société.

Mais ces peurs sont en fait liées à une seule et même chose : la peur de se choisir, de sortir de sa zone de confort. Une zone qu’on s’est méticuleusement tissée au fil des ans pour nous garder à l’abri et nous permettre de survivre, comme un cocon. Mais à la base, un cocon est un abri temporaire. Si on n’en sort pas, il risque de se convertir en zone grise où plus rien ne pousse, où tout est à l’état de sécheresse, attendant la mort. Une zone où les arbres se laissent mourir, altérant ainsi le cycle des saisons et l’éclosion des bourgeons. Une zone où les bateaux sont amarrés au quai en toute sécurité. Mais là est-elle la véritable vocation d’un bateau, rester stationner au port?  « Vous ne pourrez jamais traverser l’océan si vous n’avez pas le courage de perdre de vue le rivage. » nous a légué le célèbre explorateur Christophe Colomb.

Pour sortir de sa zone de confort, on doit d’abord accepter de perdre de vue tous nos repères, de retomber au point mort, au point zéro, d’apprendre à se sentir à l’aise dans l’inconfort, de cesser de tout prendre au sérieux, d’oser aimer le farfelu, d’arriver à rire de soi et surtout, d’apprendre à se faire confiance. Plus on étire l’élastique de la zone, plus on se sent revivre et grandir, jusqu’au jour où l’élastique flanche. Il n’y a alors plus aucune limite. On a accès à tout ce qu’on croyait jadis impossible, inatteignable. On est Libre d’Être.

Des raisons pour demeurer amarré au quai, il en existe une tonne (croyez-moi, j’en ai longuement et minutieusement analysé plusieurs, comparant le pour et le contre). Ça semble tellement plus facile de ne pas bouger. Mais à la longue, le paysage est toujours pareil. Il devient monotone, ennuyeux, déprimant… et nous aussi.  Ce qu’on oublie souvent, c’est que sortir du cocon est notre droit inné. Il suffit d’y aller un pas à la fois, dans la simplicité. La fleur est d’abord bourgeon. Le papillon est d’abord chenille…

Une chenille se pose-t-elle mille et une questions avant de tisser son cocon pour devenir chrysalide : « Je le fais… ou pas? Oh, ça risque d’être long… et pénible! Et si je n’arrivais pas à me transformer en papillon, et si je mourais dans le cocon… et si… et si. »? OK, la chenille n’a pas cette capacité à réfléchir… Tant mieux, car si elle l’avait, il y aurait sûrement moins de beaux papillons en ce monde!

Pour la chenille, prendre le temps de s’arrêter en vue de se transformer en chrysalide est la chose la plus naturelle qui soit, un passage, comme celui de l’adolescence à l’adulte, par exemple. Mais quand Faire et Avoir prévalent sûr Être, ne rien faire est souvent inconfortable; un synonyme de paresse. Dans un monde qui ne dort pas, on privilégie le multitasking, on se valorise à faire du temps supplémentaire et à surpasser les objectifs, même si notre santé en paie le prix. Parce qu’on a l’impression d’être utile, de se réaliser… Pression et production priment sur plaisir. Trop souvent, c’est lorsque le corps cesse de suivre qu’on s’arrête; il nous a déjà envoyé plusieurs signaux, mais nous ne les avons pas écoutés.

 

Les maux du corps sont les maux de l’âme. Ainsi, on ne doit pas chercher à guérir le corps sans guérir l’âme.

― Platon

 

Prendre un moment pour soi, c’est toute une histoire, n’est-ce pas? Car depuis toujours, nous entendons et chérissons une petite phrase pourtant bien lourde de sens : AhJe n’arrête jamais! C’est peut-être dans ces quelques mots que réside la source du problème. Et, par conséquent celle de la solution.

Nous avons depuis longtemps délaissé les initiations et les rites de passages si précieux et vigoureusement pratiqués par nos ancêtres les Premières Nations et les anciennes civilisations. De nos jours, devenir un homme (ou une femme), savons-nous ce que ça signifie, réellement? Bien entendu, la majorité civile amène plusieurs droits. Demeure-t-il que la transition de l’adolescence à l’âge adulte, un des passages le plus importants d’une vie, se fait en une seule journée, généralement celle de son 18ième anniversaire.

La préparation pour devenir adulte se résume habituellement à l’éducation provenant d’un système fondé sur les « il faut ». Chez les Premières Nations, celui qui se préparait à devenir un homme se purifiait dans la loge à transpirer avant d’être amené sur une montagne habillé que d’une couverture. Sans aucun autre effet, nourriture ni eau, seul, il implorait sa vision pendant plusieurs  jours et nuits. La vision lui procurait sa raison d’être, son but et sa mission sur terre. Celui qui la recevait devenait un homme véritable. On retrouve également la quête de vision chez les autochtones d’Hawaï qui entreprennent les initiations dès la naissance (elles se préparent même pendant la grossesse). L’initiation du haku, le capitaine, suit leur quête de vision. Une fois haku, la personne est réellement maître d’elle-même.

 

La clé de tout, c’est l’initiation authentique. Mais qu’est-ce que ça signifie? Ça commence, selon le chef (Hale Kealohalai Makua, aîné autochtone hawaïen) en sachant qui vous êtes et où vous êtes.

Hank Wesselman

 

Qui êtes-vous et où êtes-vous… Les diplômes, poste, fonction, titres honorifiques, comptes en banque, statut matrimonial,  et tout le reste ne peuvent pas être considérés dans la réponse, car ils sont les pelures de l’oignon. Et c’est le centre, le noyau, dont il est ici question. Mais une fois ces facteurs éliminés, que reste-t-il…?

 

L’existence humaine ne revêt aucun sens si nous la passons à courir après des biens matériels éphémères. (…) Si l’homme et la femme retrouvent le sentiment d’une profonde appartenance à la terre, ils pourront mûrir une vision de l’univers dont profitera le monde entier.

― Aigle Bleu

 

Avec le temps, nos cocons auraient-ils perdu leur vocation originale? En étant constamment à la course, leur permettons-nous seulement de remplir leur fonction? Seraient-ils plutôt devenus une prison dans laquelle nous étouffons… des cocons dans lesquels nous nous éteignons? Aurions-nous oublié, en les tissant, de leur greffer les fils de notre essence véritable? Ceux qui ont le pouvoir d’attiser l’étincelle dans les endroits les plus sombres, les gardiens de notre émergence…

 

Le monde est très simple : vous êtes soit dans la peur, soit dans l’amour. Pendant que nous découvrons où nous avons jeté notre ancre, nous apprenons tous à devenir des navigateurs ― ho’okele ― de notre propre destinée à travers le temps, et alors que nous entrons et sortons de la peur, nous découvrons que l’amour est la seule force dans l’univers qui nous sortira de la peur. Mais quand l’amour se retire, la peur revient. Simple.

― Hale Kealohalai Makua, aîné autochtone hawaïen

 

Pendant la nymphose qui dure plus d’une semaine, la chenille vit tout un bouleversement. En fait, elle se transforme en jus… oui, en jus! Elle produit des enzymes qui la décomposent pour laisser place à un liquide.  Une fois déconstruite, au point zéro, elle se rebâtie : ses organes (ou ce qu’il en reste) s’adaptent à la vie du futur papillon : les antennes s’allongent, le cerveau et les yeux grossissent, le tube digestif rétrécit, tout y passe.

Quand on s’arrête avec l’intention de fusionner avec notre adulte intérieur, de devenir la meilleure version de soi-même, il faut s’attendre à traverser certains passages plus ardus. On peut décider de rester dans son cocon et de ne jamais en sortir, mais là n’est pas sa vocation.

En choisissant de prendre un véritable moment pour s’arrêter, pour s’aimer, pour observer, pour s’accepter, pour se déconstruire et mieux se rebâtir, on se permet d’Être… de vivre l’émergence du papillon qui déploie ses ailes pour la toute première fois. Ce petit être exceptionnel qui, par sa seule présence, apporte la beauté, égaye les regards, nous ramène au moment présent, en plus d’avoir la liberté de se déplacer comme bon lui semble, de visiter des contrées peu sillonnées ― et peut-être même encore non-explorées.

Et si, comme le papillon qui sort de son cocon, en éclatant les limites de notre zone de confort soigneusement brodée, on se découvrait des ailes…

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La guerrière dépose les armes

 

Depuis la nuit des temps, les femmes subissent. Elles appartiennent au sexe faible. D’abord pécheresses, impures, elles sont ensuite devenues sorcières, brûlées sur le bûcher, puis reléguées aux cuisines, aux corvées et aux bébés, en prenant soin de ne jamais dire un mot de travers. Il fallait satisfaire le sexe mâle. C’était normal, une vocation, comme pour un objet. L’inégalité était une évidence en soi. Elle avait politiquement et religieusement été imposée. Mais ne dit-on pas que ceux qui veulent le contrôle sont ceux qui ont peur de le prendre? La femme représente-t-elle une menace à l’autorité?

À travers le temps, pour mieux traverser l’épreuve, celle d’être une femme dans un monde d’hommes, nous nous sommes construit de solides cuirasses, une maille à la fois. Les morceaux s’ajoutaient à l’armure à la conquête de chaque petite victoire, et des grandes, telles que l’acquisition du droit de vote, celui d’occuper des postes autrefois réservés aux hommes ― même si l’égalité salariale, encore au 21ième siècle, n’est pas gagnée!

Mais chacune des pièces de l’armure, si petite soit-elle, a été acquise à la sueur de notre front. Pour briser les stéréotypes et casser le moule, nous devions travailler dur. Parmi tous les affronts, nombreux sont les jugements qui se sont cognés le nez contre notre bouclier d’acier, mais d’autres ont réussi à traverser, à nous atteindre. Alors nous résistions du mieux que nous le pouvions.

Depuis la nuit des temps, à quelques exceptions près, la femme se bat pour survivre, pour revendiquer son droit d’exister dans une société patriarcale qui, menée dans la linéarité, réprime le cycle féminin. Dans nos gènes se trouvent celles qui ont été, comme celles qui seront. Nous sommes unies par la flamme féminine qui brûle dans les tréfonds de notre être, laquelle nous a donné ― et nous donne encore aujourd’hui ― la force d’avancer, de fracturer les conventions sociales.

Pour y arriver, nous avons goûté à notre lot de souffrance; la colère, nous la connaissons sous tous ses angles, la rage, et la tristesse aussi. Le bonheur et l’allégresse sont parfois venus nous visiter, nous offrant le courage de continuer. Néanmoins, dans notre armure sont gravés la trahison, le rejet, l’humiliation, l’abandon, la non-reconnaissance de qui nous sommes, persécutées, pillées, abusées, réduites au silence, soumises. Nous avons encaissé. La carapace est ferme et épaisse, du béton.

Or, au bout d’un certain temps, une armure devient lourde à porter; elle nous écrase comme un étau qui se referme cruellement sur notre corps, sur notre âme. Sous l’abri de métal, isolées, nous étouffons, nous nous éteignons; la lumière ne parvient plus à pénétrer. À travers tous ces rôles, toutes ces luttes, dévouées à fracasser les chaînes, à repousser les limites, à affirmer notre vérité, à ériger notre liberté, nous avons nous-même oublié qui nous sommes, négligeant une partie essentielle de notre être véritable : notre yin. Ainsi, le yang dominait, il nous consumait.

Sous la cuirasse d’acier, plusieurs d’entre nous finissons par nous effondrer, par toucher le fond. À bout de forces, il n’y a plus que deux options possibles : abandonner ou puiser dans notre réserve d’énergie, et retirer l’armure. Alors que nous entendons cet Appel, une nouvelle ère se révèle. De plus en plus nombreuses sont les femmes-guerrières qui déposent maintenant les armes. Parce que nous étions en guerre; avec la société, et aussi avec nous-même.

Morceau par morceau, pièce par pièce, nous ôtons l’armure que nous portions telle une seconde peau, laissant place à des blessures qui, longtemps camouflées, se retrouvent soudain à vif. Chacun des fragments qui tombent nécessite une introspection profonde, une prise de conscience, une guérison. La guerrière apprend à s’aimer telle qu’elle est, avec ses cicatrices et ses imperfections. Et la guérison de l’une contribue à l’élévation de la conscience collective; à la libération de toutes. Le yin reprend la place qui lui revient, émergeant des profondeurs de la mer.

En se réappropriant son yin, la guerrière permet à l’équilibre harmonieux yin-yang, féminin et masculin, de renaître, d’abord en elle, puis dans la société. Car l’objectif n’est pas de pointer les hommes du doigt; vous avez aussi vos plaies à panser. Certains d’entre vous ont été ― et sont ― de précieux supporteurs et protecteurs de la femme, leur rôle originel. Le but n’est pas non plus de remplacer le patriarcat par le martriarcat, mais d’édifier l’égalité entre les deux… l’unitriarcat.

 

L’emploi des femmes est d’enseigner aux hommes à être doux. Alors il est temps pour les hommes de s’asseoir et d’écouter, et il est temps pour les femmes de se lever et de parler.

– Hale Kealohalai Makua, aîné autochtone hawaïen

 

La femme, ce joyau qu’on a jadis emmailloté dans plusieurs couches de souillure, momifiée, dans l’espoir de la dérober à elle-même. Mais voilà qu’aujourd’hui, accompagnée de ses fidèles alliés Persévérance et Pardon, la guerrière, après avoir traversé tempêtes, obstacles, guerres et conflits ― les ténèbres ―, est de retour au bercail fin prête à mener à bien sa mission : celle de régner sur son royaume, dans son temple, et de laisser sa déesse intérieure s’exprimer. Maître d’elle-même, la guerrière sait sa valeur inestimable. Après tout, elle donne la vie.

Les leçons apprises, la sagesse acquise, la guerrière est entière, prête à s’élever, alignée avec le flux de la vie. Soyons fières d’être femme, à la fois yin et yang, forte et fragile, dure et douce, puissante et pacifique. Les opposés unifiés.

À toutes celles qui ont le courage de se mettre à nu, de se dévoiler telles qu’elles sont réellement : belles et vulnérables, portées par l’amour véritable. Une fois l’armure brûlée, ne craignant plus d’avancer sans protection, la vraie nature de la femme-guerrière, son pouvoir dans sa forme la plus pure, est libre d’émaner. L’arme est vaine, car l’arme c’est elle. Ici et maintenant, ne cherchant plus à s’excuser d’exister, elle choisit de réclamer sa puissance, d’honorer le féminin sacré, et de faire briller le diamant brut qui l’habite, pour ainsi éclairer le chemin de ceux et celles qui, désormais, le marchent.